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Guerre en Iran : la Chine, première victime de la flambée des prix du pétrole ?

[Jakub Porzycki / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

La Chine, dont plus de la moitié des importations de pétrole provient du Golfe, a demandé jeudi à ses raffineries de stopper leurs exportations vers l’étranger jusqu’à nouvel ordre. Un premier signe d’inquiétude de la part de Pékin, plus que jamais dépendant du pétrole iranien.

La guerre en Iran fait flamber les prix du pétrole partout dans le monde. C’est la conséquence de la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20% de la consommation mondiale d’or noir. 

Depuis le début de la guerre, l’Iran contrôle ce passage stratégique qui borde ses côtes, et empêche par les armes les navires pétroliers d’y passer. Une stratégie qui pénalise de nombreux pays, et plus particulièrement la Chine, le plus grand importateur mondial.

Car le pays, et son industrie particulièrement gourmande en or noir, achète chaque année 90% du pétrole iranien. Pour Pékin, c’est donc une ressource cruciale, surtout depuis la chute de son allié Nicolas Maduro au Venezuela. 

La Chine impuissante militairement

"Les importations iraniennes représentent 13% du pétrole importé par la Chine, donc c’est très important. De surcroît, ce pétrole est très bon marché, car l’Iran faisant l’objet de sanctions, les Chinois peuvent facilement imposer leurs prix", détaille Valérie Niquet, spécialiste de la Chine. 

Dès les premières heures de la guerre, le ministère des affaires étrangères chinois appelait d’ailleurs les Iraniens à ne pas fermer le détroit d'Ormuz. Une requête rejetée par l’Iran et qui traduit l’impuissance de la Chine dans la région, selon Valérie Niquet.

"Les Chinois ne peuvent rien faire pour aider leur allié iranien. Ils ne peuvent pas envoyer de bateaux, ni d’aide militaire, tout simplement parce que la route maritime qui relie le Golfe à l’Iran est largement sous le contrôle de la flotte américaine", explique cette dernière, ajoutant que "militairement, la Chine n’a absolument pas les moyens de contrôler cette route d’approvisionnement maritime".

Signe de l’inquiétude chinoise, Pékin a appelé jeudi ses raffineries à cesser leurs exportations de gazole et de pétrole jusqu’à nouvel ordre, pour privilégier les besoins nationaux.