Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Croissance freinée, hausse du prix du pétrole... Quels sont les impacts économiques de la guerre au Moyen-Orient pour la France ?

[Corinne Simon]

La fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial, fait bondir les cours du brut et ravive les inquiétudes pour l’économie mondiale. Si la crise devait durer et pousser le baril au-delà de 100 dollars, l’impact pourrait être direct pour les consommateurs, entre inflation relancée, croissance ralentie et dépendance énergétique accrue, notamment en Europe.

La fermeture du détroit d’Ormuz fait trembler les marchés de l’énergie. Depuis ce mercredi 4 mars, ce passage stratégique du Golfe persique, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, est à l’arrêt. 

Résultat : les cours du brut s’envolent et le baril de Brent évolue désormais autour de 80 dollars, en hausse d’environ 10 % depuis le début du conflit. Si la crise devait s’installer et pousser les prix au-delà de la barre symbolique des 100 dollars, les répercussions pourraient être majeures pour l’économie mondiale, et jusque dans le quotidien des Français.

Un long blocage d’Ormuz couplé à un baril supérieur à 100 dollars pendant plusieurs mois devrait relancer l’inflation selon l’économiste Sylvain Bersinger : "La hausse du prix du pétrole ne peut qu’être inflationniste sur les prix à la pompe. 

À plus moyen terme, les industriels, les transporteurs, les compagnies aériennes vont avoir des coûts plus élevés et petit à petit ces coûts vont se répercuter sur la chaîne de valeur et sur le consommateur final."

Une croissance du PIB freinée à 0,6% en 2026 et 2027

Dans ce scénario pessimiste, l’économiste estime que l’inflation pourrait quasiment doubler par rapport au prévisions du FMI. Elle atteindrait 3% en 2026. La croissance du PIB serait freinée à 0,6% en 2026 et 2027 contre des prévisions légèrement supérieures à 1%.

Le spectre d’un baril à 100 dollar peut rapidement s’évaporer selon l’économiste Christopher Dembik. "De mon point de vue, on n’est pas du tout dans un scénario où on pourrait avoir une hausse très durable des prix du baril de pétrole, tout simplement parce que même si le Moyen-Orient reste important, les Etats-Unis notamment fournissent beaucoup plus de pétrole et de gaz que les principaux pays producteurs de la région du Moyen-Orient", explique-t-il.

L’inconvénient, c’est que la France et l’Europe risquent de s’enfermer dans la dépendance aux hydrocarbures américains. Alors que l’Union européenne vient d’acter l’interdiction d’importer du gaz russe.