Si les dernières restrictions de mouvements bovins contre la dermatose nodulaire sont levées ce vendredi dans les Pyrénées-Orientales, le soulagement n’est pas au rendez-vous. Entre crainte d'une résurgence de la maladie et marchés export verrouillés, les éleveurs du Sud-Ouest restent sur le fil du rasoir.
La fin d'une zone de surveillance, mais certainement pas la fin du calvaire. Pour les éleveurs bovins, l'annonce officielle de la levée des restrictions sonne creux. Malgré une campagne de vaccination massive, le spectre de la dermatose nodulaire plane toujours sur les exploitations.
Laurent Abadie, éleveur en Haute-Garonne, refuse de crier victoire : "On vit avec la peur au ventre. Avec le retour des beaux jours, on a peur que la maladie ressurgisse", confie-t-il, pointant du doigt le manque de recul sur l'efficacité du vaccin. "Rien ne nous dit que des bêtes vaccinées ne puissent pas attraper la maladie."
L’exportation sous haute tension
Pour beaucoup, le véritable obstacle n'est plus administratif, mais commercial. Si les bêtes peuvent à nouveau circuler librement sur le territoire français, les frontières internationales, elles, restent difficiles à franchir. C'est le cas pour l'Italie, client majeur de la filière française, qui impose un véritable verrou sanitaire. Pour chaque bête vendue, un test PCR est désormais obligatoire. Une contrainte lourde et risquée pour Cédric Baron, agriculteur : "Si j’ai un animal malade au moment de la vente et qu’ils me le trouvent, ils m’abattent tout le troupeau".
Au-delà des tests, c’est la confiance des acheteurs qu'il faut maintenant reconstruire. Après quatre mois de paralysie totale, le marché est marqué au fer rouge. "Il ne faut pas croire que ça va revenir comme avant", prévient l'éleveur.
Pour ceux qui regardent vers l'Espagne, le bout du tunnel est encore loin : les exportations ne reprendront pas avant la mi-mars. Un sursis insupportable pour des trésoreries déjà exsangues.