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Fin de vie : après le vote du texte à l'Assemblée nationale, des soignants expriment leur inquiétude

Les députés ont adopté mercredi deux textes sur la fin de vie, l’un, approuvé à la majorité, sur le développement des soins palliatifs et l’autre, plus discuté, sur l’aide à mourir.
Les députés ont adopté mercredi deux textes sur la fin de vie, l’un, approuvé à la majorité, sur le développement des soins palliatifs et l’autre, plus discuté, sur l’aide à mourir. [AFP]

Les députés ont adopté mercredi deux textes sur la fin de vie, l’un, approuvé à la majorité, sur le développement des soins palliatifs et l’autre, plus discuté, sur l’aide à mourir.

L'Assemblée nationale a adopté la proposition de loi sur la fin de vie pour la deuxième fois. Le texte a été divisé en deux parties. Sans surprise, celui sur le développement des soins palliatifs a été adopté à l'unanimité. En revanche, celui instaurant un droit à l'aide à mourir a été adopté à une courte majorité avec 73 voix d'avance seulement. Il légalise le suicide assisté et l'euthanasie sous certaines conditions. 

Des conditions trop floues

Et une partie des soignants se dit très inquiète face à de possibles dérives. Certains critères d'accès au suicide assisté inquiètent les médecins comme souffrir d'une maladie grave et incurable en phase avancée avec pronostic vital engagé. 

D'après Ségolène Perrucchio, présidente de la Société française de soins palliatifs, ces conditions sont trop floues : "Pour la médecine, énormément de maladies sont incurables. Aujourd'hui, le diabète est incurable, l'hypertension aussi. Les patients insuffisants rénaux en phase terminale également. Ce sont des dizaines de milliers de personnes. On peut également ajouter l'insuffisance cardiaque en phase avancée et tous les cancers métastatiques dont on sait qu'on ne va pas les guérir. Cela représente des centaines de milliers de personnes".

Elargissement des critères ?

Si le texte est un jour adopté, les critères pourraient encore s'élargir, prévient la médecin. "Tous les pays qui ont légalisé une forme d'aide à mourir élargissent pour leurs critères d'accès. À partir du moment où on légitime le droit de donner la mort pour ne pas souffrir, forcément, toutes les souffrances progressivement deviennent éligibles", poursuit-elle.

C'est le cas de la Belgique qui, après avoir légalisé l'euthanasie pour les mineurs, envisage de l'autoriser pour toute personne de plus de 75 ans, sans condition.