À la veille de l'ouverture du Salon international de l'Agriculture, l'effervescence gagne les élevages. Cette année pourtant, l'édition s'annonce particulière : pour la première fois depuis la création de la plus grande ferme de France, les 500 vaches habituelles ne seront pas présentes.
C'est un Salon de l'agriculture bien particulier qui s'annonce. Cette année, et pour la première fois de son histoire, les vaches ne seront pas présentes. Une absence inédite qui redistribue les cartes. Les effectifs de porcs, de chevaux et surtout de moutons ont été revus à la hausse.
À Bazougers, en Mayenne, Didier se prépare à prendre la route pour Paris. Dans sa bergerie, l'éleveur de 57 ans veille sur ses trois béliers sélectionnés pour le concours.
"Souvent, le mouton au salon, on est transparent"
Il passe la main dans la laine dense de l'un d'eux, observe sa ligne, tâte le gigot. "Là, il est en super état de qualité de viande. Il est très épais, très large derrière dans le gigot", décrit-il avec précision.
Cette année, l'absence des bovins change la donne. "Souvent, le mouton au salon, on n'est pas boycotté, mais on est transparents. Là, les gens vont s'arrêter devant nous. On va s'intéresser un petit peu plus, rien qu'à notre race, le Bleu du Maine".
Une race emblématique du territoire que Didier défend depuis 26 ans au salon. Pour lui, l'événement dépasse la simple compétition. "On va au salon pour faire la promotion de notre race, discuter avec les gens, pour ne pas avoir de coupure entre le monde de la ville et l'agriculture".
Le concours agricole en ligne de mire
Mais il y a aussi l'enjeu du Concours général agricole. Une consécration suprême pour les éleveurs. "On a tous nos petits concours tout l'été, et arriver à Paris, c'est la Ligue des champions. Ce n'est pas remplaçable. Une plaque à Paris, c'est le Graal pour un éleveur".
Double tenant du titre, Didier sait que tout peut se jouer dans les détails. Le stress des animaux, notamment, peut faire la différence. "Là, il se couche devant nous, c'est le signe qu'il est reposé. Il attend le concours, sans doute". Dans une édition où les moutons occuperont le devant de la scène, l'éleveur mayennais espère bien transformer cette exposition inédite en nouveau sacre parisien.