Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

JO d'hiver 2026 : qui est Emily Harrop, vice-championne olympique de ski-alpinisme ?

Emily Harrop. [CURUTCHET Vincent / KMSP / KMSP via AFP]

La Française Emily Harrop est devenue la première vice-championne olympique de l'histoire du ski-alpinisme ce jeudi aux JO d'hiver de Milan-Cortina. Cette skieuse savoyarde de 28 ans, née de parents britanniques, impressionne par son professionnalisme.

Skieuse alpine prometteuse rattrapée par les blessures, Emily Harrop s'est réinventée jusqu'à devenir jeudi à Bormio vice-championne olympique de ski-alpinisme, sport méconnu qui a fait son apparition aux Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026.

Elle est franco-britannique

Emily Harrop est née le 27 septembre 1997 (28 ans) à Bourg-Saint-Maurice de parents britanniques, qui se sont installés dans les Alpes après en être tombés amoureux. "Mes parents sont des grands sportifs. Petite, on m'emmenait marcher en montagne et j'adorais ça", souligne celle qui se dit "mi-Anglaise, mi-Française et 100% Savoyarde".

Elle grandit skis aux pieds au Planay Dessous, un hameau au coeur de la Tarentaise où sa famille est la seule à vivre à l'année. "Les montagnes, c'était notre jardin", raconte la jeune femme.

Elle brille d'abord en ski alpin

Comme la plupart des enfants du coin, l'appel de la vitesse et de la glisse est plus fort que tout et c'est en ski alpin qu'elle brille d'abord, avec notamment un titre de championne de France juniors en descente en 2015.

"Le ski alpin m'a formée au fait de toujours chercher à peaufiner, à peaufiner, à peaufiner", explique Harrop, très compétitive. "Chercher à faire les choses bien, je pense que l'alpin, ça te l'inculque", ajoute Harrop, qui impressionne aujourd'hui ses coéquipiers par son professionnalisme.

Elle se blesse et arrête le haut-niveau

L'avenir semblait tracé en alpin, mais Emily Harrop est rattrapée par les blessures et décide à 19 ans de quitter le sport de haut-niveau.

Elle part en stage à Londres dans le cadre de ses études en commerce. Là-bas, Harrop renoue avec la course-à-pied, court sans trop d'entraînement son premier semi-marathon qu'elle termine avec un chrono solide d'1 heure 31 min.

"Quand j'étais en FIS (circuit de compétitions en alpin), j'aimais aller courir mais on me disait : 'retourne à la salle de muscu prendre du poids, tu es déjà toute fine'", raconte à l'AFP la skieuse d'1,70 m.

Elle brille vite en ski-alpinisme

A son retour dans les Alpes , Emily Harrop troque les skis alpins pour ceux de rando et prend même plaisir à remettre des dossards en "skimo" (diminutif de "ski mountaineering", ski-alpinisme en anglais). "Je sentais que je n'en avais pas forcément fini avec la compétition quand j'ai arrêté l'alpin", explique Harrop.

Elle connait une progression fulgurante: premières Coupes du monde fin 2019, premier podium début 2021, première victoire dix mois plus tard. En quatre ans, elle remporte quatre gros globes de cristal (2022, 2023, 2024, 2025).

Si elle domine les épreuves de sprint (le format olympique) en Coupe du monde, elle est battue deux fois de suite en grands championnats par la Suissesse Marianne Fatton, championne du monde en 2025 et sacrée jeudi aux JO.

Elle est aussi double championne du monde en relais mixte, avec son coéquipier Thibault Anselmet, médaillé de bronze jeudi en sprint. Le duo sera favori du relais olympique samedi.

Ambassadrice du "skimo"

Avec ses performances hors normes, son tempérament solaire, et son aisance avec les médias, Emily Harrop est devenu le visage d'une discipline longtemps restée confidentielle.

"Moi, j'ai envie que les gens regardent le ski-alpi, si on a des athlètes qui sont forts en France, ça va peut-être apporter plus d'audience", assurait-elle avant les Jeux, bien consciente de vivre à Bormio un moment important pour son sport. "C'est un moment historique pour notre discipline. On sait qu'on a de la chance d'être là, au bon endroit au bon moment (...) C'est peut-être une fois dans une vie."