La France fait face à une situation hydrologique inédite. 175 cours d’eau sont placés en vigilance crues dans 88 départements. Saturation des sols, pluies persistantes, grandes marées et fonte des neiges compliquent toute perspective de décrue rapide.
Après la Loire et la Garonne, c'est désormais la Seine qui déborde. La France traverse un épisode de crues d'une ampleur inédite, tant par son étendue géographique que par sa durée. Pas moins de 175 cours d’eau sont actuellement placés en vigilance crues dans 88 départements, un niveau jamais observé depuis le début des relevés en 1959.
🔴 #VigilanceRouge sur la confluence Dordogne/Garonne, maintien #VigilanceRouge sur les dép. #Maine-et-Loire (49), #Charente maritime (17), #LotEtGaronne (47) #Gironde (33).
🟠Nombreuses rivières en #VigilanceOrange.
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Pour ces mercredi et jeudi, quatre départements sont placés en vigilance rouge crues : la Charente-Maritime, la Gironde, le Lot-et-Garonne et le Maine-et-Loire. Onze autres sont en vigilance orange, parmi lesquels la Charente, la Dordogne, l'Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique, la Sarthe ou encore la Vendée. Un dispositif de surveillance renforcé face à une situation qui continue d'évoluer défavorablement.
Des sols totalement saturés
L'un des facteurs majeurs de cet épisode réside dans l'état des sols. Dans certaines régions, il pleut sans discontinuer depuis plus d’un mois. Résultat, le taux d’humidité des sols atteint son maximum, soit 5 sur une échelle de 5. À l'exception des Alpes et des Pyrénées, l'ensemble du territoire apparaît en bleu foncé sur les cartes hydrologiques.
"Ce taux d'humidité des sols est un facteur très important en matière de crue, parce que cela signifie que l'eau ne peut plus du tout s’infiltrer", explique Lucie Chadourne-Facon, directrice du service d'information Vigicrues, auprès de TF1. Toute nouvelle précipitation s'écoule désormais directement vers les rivières, aggravant mécaniquement les niveaux d’eau.
Une décrue pas attendue avant plusieurs jours
La question de la décrue reste entière. Selon les experts, aucune amélioration notable n’est attendue cette semaine. De nouvelles pluies sont annoncées, notamment sur la façade atlantique. En Gironde, les précipitations prévues mercredi et jeudi pourraient représenter près de la moitié des cumuls habituellement observés sur l’ensemble d’un mois de février.
À cela s'ajoutent les grandes marées attendues en fin de semaine, avec des coefficients pouvant atteindre 97. Ce phénomène provoque un effet dit de "bouchon", empêchant l'écoulement normal des fleuves vers l'océan. "La mer pousse vers la rivière, pendant que la rivière tente d'évacuer son trop-plein vers la mer", résume Lucie Chadourne-Facon.
La fonte des neiges, un facteur aggravant
Enfin, la fonte progressive des neiges vient compliquer encore davantage la situation. Dans les Pyrénées, où l'enneigement est particulièrement important cette année, la neige commence à fondre sous les 2.000 mètres d’altitude.
L'eau issue de ce ruissellement alimente des cours d’eau déjà sous tension, prolongeant et amplifiant les crues en cours. Face à cette combinaison de facteurs défavorables, la vigilance reste donc maximale sur l'ensemble du territoire concerné.