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SCAF : l'Allemagne n'a «pas besoin» du même avion de combat que la France, estime Friedrich Merz

[POOL / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP]

Nouvelle divergence de point de vu dans le projet de l'avion de combat du futur entre la France et l'Allemagne. Dans un entretien diffusé mercredi, le chancelier allemand Friedrich Merz a estimé que Berlin n'avait pas besoin du même avion que Paris, estimant que la question d'abandonner le projet était toujours une option plausible. 

Le chancelier allemand Friedrich Merz a dit dans un entretien diffusé mercredi que son pays n'avait pas besoin du même avion que la France, signalant que Berlin pourrait bien abandonner le programme Système de combat aérien du futur (Scaf).

Ses propos interviennent alors que la liste des différends franco-allemands est croissante, Berlin reprochant à la France des efforts "insuffisants" en matière de dépenses de défense ou encore d'avoir voulu bloquer un accord commercial avec des pays sud-américains.

Des désaccords sur les spécifications de l'avion

"Les Français ont besoin, dans la prochaine génération d'avions de combat, d'un avion capable de transporter des armes nucléaires et d'opérer à partir d'un porte-avions. Ce n'est pas ce dont nous avons besoin actuellement dans l'armée allemande", a dit le chancelier dans le podcast allemand Machtwechsel.

Il a relevé que la France et l'Allemagne sont donc "en désaccord sur les spécifications et les profils" de l'avion de combat que les deux pays sont censés développer ensemble.

"La question qui se pose maintenant est la suivante : avons-nous la force et la volonté de construire deux avions pour ces deux profils d'exigences différents, ou seulement un seul ?", a-t-il demandé, avant de noter que la France n'en veut "qu'un seul" répondant à ses exigences.

Un projet d'avion, couplé à des drones

Pour le chancelier, si ce problème n'est pas résolu "nous ne pourrons pas poursuivre le projet", assurant qu'il y avait "d'autres (pays) en Europe", prêts à travailler avec Berlin.

Lancé en 2017 par le président Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat".

L'Allemagne avait promis de décider de l'avenir de sa participation au projet avant la fin 2025, mais n'a cessé de la reporter depuis, Paris insistant sur la viabilité du projet.

Le programme est également miné par les tensions entre industriels car le français Dassault, désigné comme maître d'œuvre, réclame plus d'autonomie pour sa fabrication, ce qui irrite l'Allemagne et l'Espagne, représentées par Airbus.

Des reproches à Paris

Berlin devrait développer son propre avion de combat en s'alliant à des partenaires, estimaient ainsi la semaine dernières le vice-président du puissant syndicat de la métallurgie IG Metall, Jürgen Kerner, et la présidente de la Fédération allemande des industries aéronautiques, Marie-Christine von Hahn.

Le SCAF vise à remplacer les Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols d'ici à 2040, dans un contexte de réarmement européen face aux tensions accrues avec la Russie.

L'Allemagne, qui a lancé un gigantesque plan d'investissement pour disposer de la première armée conventionnelle d'Europe, reproche à la France de ne pas en faire assez pour accroître ses dépenses militaires en réduisant les sociales.