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Immunité : hommes et femmes ne réagissent pas de la même façon face aux virus, révèle une étude française

Hommes et femmes ne réagissent pas de la même façon face aux virus selon une étude française.
Hommes et femmes ne réagissent pas de la même façon face aux virus selon une étude française. [Alicia Windzio / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP]

La découverte pourrait révolutionner la prise en charge des malades. Des chercheurs français montrent que l’âge, le sexe et la génétique influencent fortement notre réponse immunitaire. De quoi ouvrir la voie à des vaccins et traitements personnalisés.

C’est une avancée majeure pour la compréhension du système immunitaire. Des chercheurs de l’Institut Pasteur et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) viennent de démontrer que notre réponse face aux virus varie selon que l’on soit un homme ou une femme, jeune ou plus âgé. Leurs travaux, publiés dans la prestigieuse revue Nature Immunology, pourraient transformer la manière dont sont conçus vaccins et traitements.

On savait déjà qu’avec l’âge, le système immunitaire produit moins d’anticorps. Mais cette étude révèle un facteur plus surprenant : le sexe influence la nature même des anticorps produits.

Des anticorps différents selon le sexe

"On voit des femmes qui vont produire des anticorps différents et cibler des parties différentes de ces virus", explique Étienne Patin, directeur de recherche au CNRS et co-auteur de l’étude.

Selon le chercheur, face à un même virus, les hommes produisent davantage d’anticorps ciblant certaines protéines appelées MP et M, tandis que les femmes développent une réponse immunitaire orientée vers d’autres parties du virus.

Cette différence n’est pas anodine. Elle pourrait expliquer pourquoi les femmes sont souvent mieux protégées après certains vaccins, notamment contre la grippe, mais présentent aussi davantage d’effets secondaires.

Vers des vaccins sur mesure

Ces travaux ouvrent la voie à une médecine plus personnalisée. "Les vaccins devraient de plus en plus s’adapter à chaque personne. À terme, il serait intéressant d’avoir des vaccins pour les femmes, pour les hommes, selon également leur âge", souligne Étienne Pantin.

Concrètement, les femmes pourraient recevoir des vaccins légèrement atténués afin de limiter les réactions secondaires, plus fréquentes chez elles. À l’inverse, certaines populations plus âgées pourraient bénéficier de formulations renforcées pour compenser la baisse naturelle de la production d’anticorps.

Grâce à cette découverte, les scientifiques disposent désormais d’éléments clés pour développer, demain, des vaccins et des traitements véritablement personnalisés. Une avancée qui pourrait, à terme, révolutionner la prise en charge des patients face aux maladies infectieuses.