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Sida, tuberculose, paludisme... La France va réduire ses aides à la santé mondiale

La France va réduire ses aides à la santé mondiale, en particulier sa contribution au Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme, a indiqué vendredi le ministère des Affaires étrangères. Paris invoque des contraintes budgétaires tout en assurant rester engagée, une position critiquée par des associations.

Vendredi, le ministère des Affaires étrangères a annoncé une baisse des investissements français dans la santé mondiale, citant de fortes contraintes sur les finances publiques. La réduction vise surtout le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Pour les trois prochaines années, la France promet 660 millions d’euros de dons, soit un milliard d’euros de moins que sur la période 2023-2025, tout en affirmant ne pas se désengager de ces enjeux.

Une contribution française réduite au Fonds mondial

Créé en 2002, le Fonds mondial réunit États et acteurs privés et fournit les trois quarts du financement international contre la tuberculose ainsi qu’un tiers des moyens engagés mondialement contre le sida. En novembre, lors d’un sommet de collecte de ressources, la France n’avait formulé aucune promesse de dons, alors qu’elle est habituellement le deuxième contributeur. Plus largement, le Fonds a levé nettement moins d’argent qu’espéré dans un contexte de recul de l’aide internationale.

Cette collecte décevante intervient notamment dans un contexte de désengagement massif des États-Unis de l’aide internationale depuis le début du second mandat du président Donald Trump. La diminution des financements français, concentrée sur le Fonds mondial, porte sur les trois prochaines années et représente un milliard d’euros de moins que précédemment, selon le ministère. Paris affirme néanmoins continuer à jouer un rôle actif au sein de l’organisation sur le temps long historique.

Vives critiques des associations et réponse du ministère

La baisse des financements a suscité une vive réaction de plusieurs associations de lutte contre le VIH et le paludisme. Dans un communiqué commun, elles accusent la France de déserter la lutte contre les pandémies. "Nous sommes révoltés par cette démission de la France vis-à-vis des malades, de ses engagements internationaux et de la coopération multilatérale", déclare Camille Spire, présidente de AIDES. "La France abandonne et met à mort des millions de personnes", ajoute la porte-parole, aux côtés de One, Solidarité Sida, Solthis, Sidaction et Zéro palu.

Le ministère des Affaires étrangères s’est défendu de tout désengagement général de la santé mondiale. Il met en avant les contributions françaises à d’autres programmes d’aide internationale, dont Unitaid, dédié à l’accès aux médicaments, et Gavi, centré sur les vaccins. Concernant le Fonds mondial, Paris assure vouloir y rester active, estimant que la baisse "doit être appréciée sur le temps long, au regard du fort engagement historique et particulièrement des dernières années".