Chaque semaine, les quartiers nord de Marseille voient se déployer des opérations grappin pour enlever barricades, scooters démontés et tags publicitaires liés au narcotrafic. Une action de longue haleine, coordonnée par la police municipale.
Un statut de repenti à l’italienne. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, veut introduire cette mesure en France pour lutter contre le narcotrafic. Un repenti qui collabore de manière significative avec la justice pourrait ainsi voir sa peine réduite jusqu’à deux tiers.
En attendant, la lutte contre le narcotrafic se mène au jour le jour dans les quartiers nord de la cité phocéenne. La police municipale procède chaque semaine, depuis octobre 2025, à des opérations grappin. L’objectif : effacer les stigmates du trafic de stupéfiants qui défigurent certains quartiers, comme dans le 16e arrondissement de Marseille.
Nettoyer les rues
Une arrivée en force accompagnée de camions-bennes. Une vingtaine de policiers se dirigent vers les chicanes et autres bras zéro.
"On ramasse tout ce qui sert à faire les barricades. Des planches, des palettes, des écriteaux pour signaler le point de deal", explique un agent.
Il confirme la présence de véhicules désossés et de voitures "ventouses". Il signale également qu’un scooter a été démonté dans le parking souterrain et estime qu’il risque d’être incendié, demandant qu’il soit enlevé lui aussi.
Place ensuite aux innombrables tags publicitaires des narcotrafiquants. "Là, ils vont enlever le tag qui est sur la médiathèque, comme ça les enfants ne voient pas tous ces tags avec les prix des stupéfiants sur le mur", explique ce même agent.
Un autre rétorque : "On efface les prix de la drogue au gramme. Dans les quartiers, c'est quand même assez régulier. On fait ça souvent. Après, est-ce que ça va durer ? C'est toujours pareil. C'est sûr, ça va recommencer."
"C'est un travail de fond"
C’est pourquoi la directrice de la police municipale marseillaise, Céline Lefléfian, vise le long terme. "C'est un travail de fond. Le but de ces opérations, c'est de s'inscrire dans la durée. Ce ne sont pas des opérations ponctuelles, c'est aussi une forme de guerre psychologique, pour que les gens puissent circuler librement", détaille-t-elle.
Ces opérations sont répétées chaque semaine et vont progressivement s'étendre à toutes les cités impactées par le trafic.