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«Les centres éducatifs fermés ne servent à rien» : Anne, mère d'un délinquant, dénonce un dysfonctionnement du système de l'aide sociale à l'enfance

Anne, la mère d'un délinquant, partage sa détresse au micro d'"Eliot Deval et vous" ce dimanche 8 février. Alors que son fils a été dans différents centres éducatifs fermés (CEF), elle fustige l'inefficacité des travailleurs sociaux et de la protection de la jeunesse. 

Le fils d'Anne, âgé de 34 ans, est un délinquant qui a été dans plusieurs centres éducatifs fermés (CEF), une structure alternative à l'incarcération. "Les mômes font ce qu'ils veulent", dénonce-t-elle, pointant notamment les moyens limités des éducateurs. 

Au vu de sa longue expérience des structures sociales, son fils étant tombé dans la délinquance dans l'adolescence, Anne se montre très critique : "Les centres éducatifs fermés ne servent à rien et coûtent une fortune", fustige-t-elle. 

De nombreuses fugues

Au micro d'Eliot Deval et vous ce dimanche, Anne décrit des scènes ahurissantes. Convoquée par la structure de la commune de L'Hôpital-le-Grand, près de Saint-Etienne, après des excès de violence de son fils, Anne raconte sa sidération face à l'impuissance des éducateurs. 

Alors que son fils "était en train de se bagarrer avec des éducateurs", elle leur a demandé s'ils ne pouvaient pas faire quelque chose pour essayez de le maîtriser. "On m'a dit : 'Mais madame, on n'a pas le droit de contention'". 

"Résultat des courses, il a réussi à s'échapper du centre éducatif fermé", déplore-t-elle, et ce à plusieurs reprises. Placé dans un autre centre, elle explique que son fils est même parvenu à voler "des appareils photo sur des touristes, voler des scooters...". 

"Il me poursuit avec un couteau dans chaque main"

Pour Anne, le problème vient notamment du fait que les éducateurs ont peu "de droits et de possibilités". "Il faudrait peut-être aussi qu'ils se mettent un petit peu à la place des parents et qu'ils ne donnent pas systématiquement la parole et la croyance à ce que dit le gamin", déplore-t-elle. 

Alors qu'elle raconte avoir "appelé à l'aide" déjà lorsqu'il avait 12 ans, Anne explique qu'a 34 ans, son fils "en est encore à ce point-là". Au micro d'Europe 1, elle livre un témoignage glaçant : "Moi, il me poursuit avec un couteau dans chaque main. C'est de ma faute parce que je n'ai pas réussi à dialoguer".

Créés en 2002 pour accueillir des mineurs multirécidivistes ou auteurs d'infractions graves, ces centres vont être progressivement transformés en foyers d'éducation renforcée, avait promis le ministre de la Justice en novembre dernier, face à leur inefficacité.