En l'espace de 48 heures, 10 policiers ont été blessés lors de refus d'obtempérer violents, entre Nantes, Toulouse ou le département des Yvelines. Pour endiguer ce phénomène, le ministre de l'Intérieur adopte un discours de fermeté, mais se montre embarrassé sur la question.
C'est un fléau qui touche l'ensemble du territoire : les refus d'obtempérer. Ces derniers jours, une dizaine de policiers ont été blessés par des individus qui ont refusé un contrôle, certains ont d'ailleurs été hospitalisés. Dans leur revendication, les policiers réclament une présomption de légitime défense, mais l'Assemblée nationale ne l'a pas votée.
Dans sa carrière, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui a fait une grande partie de sa carrière au contact des policiers, se montre embarrassé sur la question des refus d'obtempérer.
Un discours de fermeté...
D'un côté, l'ancien préfet de police de Paris est garant de la sécurité de ses agents. Il n'est donc pas question de mettre leur vie en danger face à des délinquants déterminés. De l'autre, il entend afficher de la fermeté et veut se débarrasser de cette image de ministre de gauche qui le poursuit.
Je me suis rendu cet après-midi à Nantes, pour témoigner de tout mon soutien aux policiers blessés cette nuit lors d’un refus d’obtempérer comme à ceux qui interviennent chaque jour avec détermination, et sans résignation, pour lutter contre les criminels et délinquants qui… pic.twitter.com/g3D8AlnLU4
— Laurent Nuñez (@NunezLaurent) February 2, 2026
Sur LCI, ce mardi matin, il a repris à son compte les consignes passées par son prédécesseur, Bruno Retailleau. "La réponse qu’on apporte, c’est d’abord de la fermeté, il y aura toujours des poursuites quand il y a des refus d’obtempérer, il y a une instruction très ferme, très claire que j’assume. L’engagement est systématique", a-t-il déclaré.
... Mais un sentiment d'impuissance
Dans sa communication, Laurent Nuñez prend soin d'apporter son soutien aux policiers. Il s'est déplacé, lundi, à Nantes, au chevet des forces de l'ordre blessées lors d'un refus d'obtempérer. Mais sur le fond, il constate une forme d'impuissance, de fatalité face à ce fléau en pleine recrudescence. "On peut difficilement aller plus loin sans exposer l’intégrité physique des policiers, c’est important", s'est-il désolé.
C'est pourtant parce que les policiers sont dans une forme d'insécurité juridique qu'ils hésitent avant de sortir leur arme. Tétanisés par le risque d'erreur, ils perdent de précieuses secondes, qui parfois peuvent s'avérer fatales.
À la fois pour leur propre sécurité, mais aussi pour celle de leurs concitoyens, dont ils sont pourtant chargés de protéger.