À seulement 18 jours du Salon de l'Agriculture, le malaise paysan reste intact. Dermatose nodulaire oblige, les bovins ne seront pas là. Et alors que plus de 600.000 visiteurs sont attendus, du côté des agriculteurs, l'événement sera surtout l'occasion de se faire entendre face à une situation de plus en plus difficile.
Sophie, céréalière de 50 ans, n'est pas une habituée du Salon de l'Agriculture. Mais cette année, vu le contexte, elle s'y rendra. "J'y vais parce que notre profession est tellement attaqué, qu'on a pas le choix", confesse-t-elle au micro d'Europe 1.
"On songe à baisser le rideaux"
Car malgré leur 200 hectares de champs, elle et son mari ne dégagent aucun revenu, et n'ont aucune perspective. "On songe à baisser le rideau... Même à nos enfants, on a envie de leur dire 'barrez-vous'. Imaginez ces appels intempestifs de la part de ceux qui nous réclament de l'argent, des entreprises, des banques... Ce n'est pas une vie", poursuit l'agricultrice.
C'est pour cette raison que Sophie souhaite se faire entendre, mais sans casse ni esclandre. "Au Salon, il y a des collègues qui concourent pour des médailles, pour le vin ou le fromage. Par respect pour eux, il ne faut pas les mettre en difficulté", insiste Sophie.
Une profession en détresse
"Après, si on peut dire au Président qu'il n'est pas le bienvenu, on ne se privera pas. Ce genre d'événement est aussi fait pour ça", rappelle-t-elle. Car ce salon sera aussi pour elle l'occasion d'évoquer sa détresse avec ses confrères.
"Quand on pense qu'on a pas réussi à faire perdurer une exploitation qui existe depuis très longtemps, on songe à tout lâcher... On pense même à mettre fin à ses jours", conclut la quinquagénaire.