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Argent et épargne : faut-il conserver son livret A après la baisse de son taux à 1,5% ?

Le livret A est un bas de laine destiné à faire face aux imprévus, pas forcément à gagner de l'argent. [Henrique Campos / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Alors que le taux du livret A vient d'être raboté pour la troisième fois en un an, pour atteindre les 1,5%, faut-il le conserver ? Philippe Crevel, directeur général du Cercle de l'Épargne, et Maxime Chipoy, président de MoneyVox, expliquent pour Europe 1 comment maximiser son épargne malgré la baisse. 

Un bas de laine destiné à faire face aux imprévus, pas forcément à gagner de l'argent. Le mois de février apporte une mauvaise nouvelle pour les épargnants. Le livret A, placement star des Français, a vu ce 1er février son taux raboté pour la troisième fois en un an. Il est passé de 2,4% à 1,7% et désormais 1,5% net. Il atteint ainsi son taux le plus bas depuis le 31 juillet 2022. Alors faut-il conserver son livret A, ou faut-il se détourner de ce placement qui totalisait 432 milliards d'euros en 2024 ?

"Le taux est important, mais il n'est pas essentiel"

"Évidemment qu'il faut le garder", lance tout de go Philippe Crevel, directeur général du Cercle de l'Épargne. "C'est un produit d'épargne de précaution qui dispose de nombreuses qualités, de nombreus atouts". Le capital est garanti, il n'y a pas de frais de gestion, et "on peut entrer et sortir à sa guise".

Sans oublier que "même à 1,5% net, c'est un placement qui demeure intéressant et attractif", a fortiori en prenant en compte que l'inflation est inférieur à ce taux (0,8% en décembre 2025) : "on ne perd pas d'argent". "On en gagne pas beaucoup, mais on n'en perd pas, ce qui n'a pas toujours été le cas." Sans oublier que "les intérêts sont défiscalisés".

Par ailleurs, "le livret A n'est pas forcément un produit qui sert à faire fortune", pointe de son côté, Maxime Chipoy, président de MoneyVox, média spécialisé sur l'argent. "Le taux est important, mais il n'est pas essentiel, c'est avant tout un premier matelas de sécurité qui permet d'épargner un peu et de récupérer votre argent en cas de coup dur. On peut récupérer l'argent en quelques secondes et ça évite de faire un crédit à la consommation par exemple."

Quelles alternatives pour épargner ? 


S'il faut donc conserver son livret A, rien ne sert d'atteindre le plafond de 22.950 euros. Les deux experts sont unanimes, il faut mettre sur un livret A "entre 10.000 et 15.000 euros", ou "l'équivalent de 2,3,4 mois de salaire". Mais il s'agit là d'"un ordre de grandeur". "Tout ce que vous laissez en plus c'est un argent qui ne va pas travailler de manière optimale, il va vous rapporter 1,5% aujourd'hui, alors qu'il aurait pu rapporter 2,5%, 3%, ou 4% s'il avait été placé sur une assurance-vie en fonds euros. C'est un peu dommage de perdre des intérêts comme ça", rappelle Maxime Chipoy de MoneyVox.

Dès lors une question s'impose : où placer une éventuelle somme supplémentaire à épargner ?

Plusieurs options sont possibles : "si on n'aime pas du tout le risque, on va aller plutôt vers les fonds euros de l'assurance-vie", explique Philippe Crevel. "Il n'y a pas un seul taux unique pour les fonds euros, mais la moyenne est autour de 2,7%-2,8% actuellement. Et il est possible de monter à 3,5%, voire plus."

Mais si le taux est alléchant, et que le capital est garanti, ce n'est pas sans contrepartie. "Il y a des frais de gestion", et si "on sort au bout de 6 mois, on va avoir des gros frais et peu de rendement. C'est pour ça qu'on dit que c'est moins liquide que le livret A."

Le fonds euros est "le complément le plus direct au livret A", abonde de son côté Maxime Chipoy. "Il est à la fois sûr, plus rentable, et on peut quand même récupérer son argent facilement si on en a besoin, [...] mais ça pourra prendre quelques jours. Ce n'est pas aussi express que le livret A."

Et pour les épargnants prêts à "accepter de prendre un peu de risque, il y a les unités de compte dans l'enveloppe de l'assurance-vie, on peut également aller vers le plan d'épargne en action (PEA). On peut dans ces cas-là prendre des actions françaises européennes, des fonds additifs, des ETF, qui supportent des frais assez légers", rappelle le directeur général du Cercle de l'Épargne, Philippe Crevel.

Mais attention, si "le placement le plus rémunérateur est la bourse", il y a également des règles à respecter pour pouvoir tirer son épingle du jeu, détaille Maxime Chipoy. "Si vous n'avez pas de projet particulier, et qu'a priori vous n'avez pas de grosses dépenses prévues pour le long terme, vous pouvez mettre une partie de ces économies sur un ETF très large dans un PEA."

"Il ne faut mettre que l'argent dont on est sûr de pas avoir besoin pendant au moins au moins 5 ans, idéalement plutôt 10 ans", tout en ayant en tête le principe suivant : "Plus on attend longtemps, plus on est sûr que qu'on va être gagnant."