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Crise agricole : l'État ne devra plus se fournir en produits hors UE, assure Sébastien Lecornu en déplacement en Eure-et-Loir

Crise agricole : l'État ne devra plus se fournir en produits hors UE, assure Sébastien Lecornu en déplacement en Eure-et-Loir [Thomas SAMSON / AFP]

Après le chapitre du budget, Sébastien Lecornu se consacre désormais à un autre dossier : la crise agricole. Si les paysans ne sont plus dans les rues et si le traité du Mercosur est suspendu, pour le moment, la colère est toujours palpable au sein de la profession. Le Premier ministre s'est rendu ce vendredi après-midi à Baigneaux, en Eure-et-Loir. 

Après des semaines mouvementées à l'Assemblée nationale, le Premier ministre renoue avec le terrain. Bottes aux pieds, il a échangé ce vendredi après-midi avec un exploitant au milieu d'un champ d'amandiers, à Baigneaux, en Eure-et-Loir. Puis, s'est adressé aux représentants des Jeunes agriculteurs dans une grange. 

"Si on a beaucoup de crises qui sont en train de nous prendre du temps, il faut quand même qu'on arrive à se projeter un tout petit peu sur l'avenir et à être capable de se poser des questions stratégiques", a déclaré le Premier ministre, faisant référence ici à la question de la souveraineté alimentaire.

"Quelque chose de complètement surréaliste"

À ses yeux, l'État se doit de montrer l'exemple pour sa restauration collective. "Personne ne peut comprendre qu'en 2026, des euros d'argent public du contribuable — que ce soit le contribuable local ou national puissent encore aller acheter de la nourriture en dehors de l'Union européenne. Et au fond, il y a quelque chose de complètement surréaliste à avoir une mobilisation et une unanimité aussi fortes contre le traité du Mercosur, et en même temps que personne ne se pose vraiment la question d'où vient tel ou tel morceau de viande, tel ou tel fruit ou légume dans son assiette", a-t-il souligné. 

Le chef du gouvernement veut que l'État reprenne en main la commande publique. Il faut assumer une forme de radicalité, dit-il, quitte à punir les acheteurs publics de denrées alimentaires hors Union européenne. Un signal politique loin d'être anodin à moins d'un mois du Salon de l'agriculture.