Entre documents qui "n’existent pas" un jour et réapparaissent le lendemain, la commission d’enquête sur l’audiovisuel public se heurte à de sérieuses zones d’ombre. Charles Alloncle dénonce des contradictions troublantes de France Télévisions, tandis que les auditions se poursuivent dans un climat de défiance croissante.
Des documents fantômes. Le bras de fer entre Charles Alloncle, rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, et France Télévisions connaît un nouvel épisode pour le moins troublant. En cause : l’existence ou plutôt la non-existence provisoire de documents pourtant centraux dans les travaux de la commission.
La semaine dernière encore, France Télévisions indiquait par mail à Charles Alloncle que certains documents demandés n’existaient tout simplement pas. Il s’agissait notamment d’éléments relatifs aux contrats conclus entre les chaînes du groupe public et des sociétés de production. Une réponse nette, laissant entendre que la commission d’enquête devait composer avec une absence de traces écrites sur des sujets pourtant essentiels à l’analyse du fonctionnement de l’audiovisuel public.
"On m’avait indiqué qu’ils n’existaient pas"
Mais ce qui n’existait pas hier semble avoir pris forme aujourd’hui. "Je pense que vous allez recevoir très prochainement une présentation de la méthode d’analyse des programmes qui vous sera transmise très prochainement", a déclaré Tiphaine de Raguenel, directrice de la stratégie éditoriale de France Télévisions, à Charles Alloncle lors de son audition.
Une déclaration qui n’a pas manqué de faire réagir le rapporteur de la commission. Ce dernier a alors tenu à rappeler la chronologie des faits : "Ils ne m’avaient pas été communiqués, donc ce que vous avez précisé comme quoi vous les aviez à disposition, je confirme que jusqu’alors, on m’avait indiqué qu’ils n’existaient pas". Il a ajouté avoir reçu, en cours d’audition, un mail du secrétaire général de France Télévisions l’informant que ces documents allaient finalement lui être transmis. Une évolution saluée avec une pointe d’ironie par le député, qui a conclu : "Ce que vous avez pu nous expliquer porte ses fruits, donc je vous en remercie".
La journée s’annonce d’ailleurs décisive. La commission doit auditionner Alexandre Kara, directeur de l’information de France Télévisions ces trois dernières années. Une audition attendue, alors que les rédactions du groupe ont été vivement critiquées ces derniers mois pour plusieurs erreurs et controverses, notamment dans le traitement de l’assassinat de Samuel Paty ou du conflit israélo-palestinien.