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«Au-delà de tout ce que je peux imaginer» : les catholiques s’inquiètent d’une éventuelle légalisation de l’euthanasie

La chambre haute refuse ainsi toute légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté. [Luis ROBAYO / AFP]

Majoritaires au Sénat, Les Républicains ont rejeté l’article clé de la proposition de loi sur la fin de vie, excluant toute légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté. Une décision saluée par les opposants, qui dénoncent une réforme sociétale dangereuse et appellent à renforcer les soins palliatifs.

Les Républicains, majoritaires au Sénat, rejettent ce mercredi soir l’article clé de la proposition de loi sur la fin de vie. Ce dernier fixe les conditions d’accès à une aide active à mourir. La chambre haute refuse ainsi toute légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté.

De quoi satisfaire les opposants à cette réforme sociétale chère à Emmanuel Macron. Parmi eux, des croyants qui ne peuvent imaginer une société où la mort serait assimilée à un soin, à l’image de ces catholiques rennais interrogés par Europe 1.

"Je ne peux pas imaginer que j’aide quelqu’un à se suicider"

Ils ont beau être catholiques, ce projet les révolte au-delà de leurs convictions religieuses, notamment cette médecin anesthésiste à la retraite, Élisabeth Lorcy. "En tant que médecin, je ne peux pas imaginer que j’aide quelqu’un à se suicider. De toute façon, vous allez pousser la seringue, donc vous allez tuer quelqu’un", explique-t-elle. 

Pour cette médecin, "c’est au-delà de tout ce que je peux imaginer en tant qu’être humain, pas besoin d’être catho". "J’ai fait beaucoup d’accompagnement de malades jusqu’à la fin. C’est ça qui motive les gens à rester", ajoute Élisabeth Lorcy.

Un débat jugé inéquitable

Un accès aux soins palliatifs garanti pour tous, qui éteindrait la douleur et l’envie d’en finir : voilà ce que réclament les opposants à l’euthanasie dans ce débat jugé inéquitable, selon le juriste Gilles Guiheux.

"Quand on fait une loi, on la fait pour tous. La loi est l’expression de la volonté générale, à condition que cette volonté générale soit vraiment écoutée et respectée. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Vous avez des points de vue qui sont étouffés. Vous n’avez pas une égalité", précise-t-il.

Avec l’impression de ne pas être écoutés, certains regrettent qu’un tel changement pour la société n’ait pas été soumis à référendum.