Trois ans après le vol de leur scooter, Élodie Roy et Jérôme Biderre se retrouvent avec 272 forfaits post-stationnement. En cause, un vol non déclaré et une adresse non mise à jour, qui ont permis aux véhicules LAPI de verbaliser un deux-roues pourtant à l'état d'épave.
Trois ans après la disparition de leur deux-roues, Élodie Roy et Jérôme Biderre font face à une situation improbable. Le couple parisien a reçu pas moins de 272 forfaits post-stationnement (FPS) pour un scooter pourtant volé depuis longtemps.
Les faits remontent au 6 avril 2022. Ce jour-là, Jérôme tombe en panne avec son scooter sur son trajet habituel entre Boulogne-Billancourt et l'est de Paris. Contraint de s'arrêter, il stationne le véhicule au pied de la Philharmonie de Paris, dans le 19e arrondissement. Trois jours plus tard, le scooter a disparu, comme ils l'ont raconté au Parisien.
Deux oublis aux lourdes conséquences
Convaincu que son deux-roues ne serait jamais retrouvé, Jérôme ne déclare pas le vol. Dans le même temps, le couple déménage après la naissance de leur troisième enfant, sans que l'adresse figurant sur la carte grise du scooter ne soit modifiée.
Ces deux négligences vont se transformer en piège administratif. Officiellement, le véhicule appartient toujours au couple et reste rattaché à leur ancienne adresse.
Un an plus tard, une voisine les alerte après avoir trouvé une enveloppe dans leur ancienne boîte aux lettres. À l'intérieur, un FPS indiquant une localisation boulevard Serrurier, toujours dans le 19e arrondissement. Sur place, Jérôme découvre ce qu'il reste de son scooter, une épave, réduite au cadre et à la plaque d'immatriculation.
Une bataille judiciaire interminable
Le problème prend alors toute son ampleur. Des véhicules équipés du système LAPI, capable de scanner automatiquement les plaques, ont relevé à de multiples reprises la présence du deux-roues. Chaque passage s'est traduit par une nouvelle amende.
Pour espérer s'en sortir, Élodie et Jérôme n'ont qu'une option. Il faut contester les FPS devant le tribunal du stationnement payant (TSP) de Limoges. Une démarche longue et incertaine.
Le TSP est aujourd’hui saturé. Fin 2025, près de 355.000 dossiers étaient encore en attente, avec des délais de jugement qui dépassent souvent les deux ans. Pour le couple parisien, la galère administrative est donc loin d'être terminée.