La paix s’enlise, mais le Kremlin continue de s’armer. Ce dimanche, Moscou a assuré avoir réussi l’essai finale de son missile Bourevstnik, testé depuis 2018. Long d’environ 10 mètres, l’engin a la particularité d’être équipé de réacteurs à propulsion nucléaire, ce qui le rend capable de voler sans limite de temps. Lors de son dernier essai, l’engin a, selon le Kremlin, passé plus de 15 heures en vol, parcourant plus de 14.000 kilomètres.
Une endurance précieuse pour tromper les défenses ennemies comme l’explique Xavier Tytelman, consultant aéronautique et défense.
"Il pourrait faire le tour du monde en basse altitude. Cela lui permet de voler pendant des dizaines d’heures, en faisant des trajets beaucoup plus imprévisibles que s’il volait en ligne droite. Il pourrait par exemple attendre qu’un radar soit éteint et ainsi mieux déjouer les défenses antiériennes", analyse le spécialiste.
Mises en garde de Donald Trump
Averti par le Kremlin, Donald Trump a jugé le nouvel essai de ce missile "inapproprié" dans un contexte d’enlisement du processus de paix en Ukraine. Poutine "devrait mettre fin à la guerre plutôt que de tester des missiles", estime le président américain qui a récemment prévenu qu’il ne rencontrerait pas son homologue russe sans promesse préalable d’un cessez le feu.
Selon Xavier Tytelman, ce nouvel essai de Moscou relève toutefois davantage de la démonstration que d’une réelle menace. "Les tests sont encore loin d’être concluant, et une mise en service n’est pas à attendre avant 2030", estime le spécialiste.