Ceux qui voyaient dans Cinquante nuances de Grey une anodine histoire de passion brûlante entre deux amants vont peut être changer d’avis. D’après une étude américaine , menée sur 650 femmes de 18-24 ans par des chercheurs de l’Université du Michigan, la trilogie, écrite par TL James diffuserait un message néfaste, notamment à l’adresse de la gent féminine. Elle rendrait glamour, de manière subliminale bien sûr, les rapports amoureux violents.
Rappelons rapidement le scénario du livre, qui donnera lieu à un film en 2015 : une timide jeune femme s’éprend d’un homme d’affaires qu’elle admire et tous deux entament une relation romantique sur fonds de sadomasochiste. Humiliations, attachement malsain, les psychologues à l’initiative de l’étude ont analysé les mécanismes de maltraitance à l’œuvre entre les protagonistes. Pour eux, la relation de domination-soumission, présentée comme enviable et érotique, serait au contraire le reflet d’un rapport pathologique. Anastasia Steele, l’héroïne, décrite comme "ordinaire" et qui affirme d’ailleurs rapidement ne pas se trouver à la hauteur de son partenaire, souffrirait en fait " des réactions typiques des femmes maltraitées", souligne notamment la chercheuse Amy Bonomi.
>>> A lire aussi - "50 nuances de Grey" cartonne à Guantanamo
Regardez la bande-annonce du film, qui sortira en 2015 :
Pourcentages à l’appui. Et l’étude pousse le bouchon encore plus loin, en établissant des statistiques : les lectrices de Cinquante nuances de Grey auraient 25% de chances en plus d'avoir un partenaire qui les maltraite verbalement. Elles auraient aussi 34% de chances en plus que leur partenaire les suive dans la rue. Pour illustrer la tyrannie à l’œuvre, les chercheurs avancent un autre chiffre : les adeptes du livre auraient plus de 75% de chances de faire des régimes radicaux ou de consommer des produits amincissants. Enfin, pour les malheureuses qui ont adhéré à la série entière, elles auraient davantage de tendances à l'alcoolisme.
>>> A lire aussi - Quand Beyoncé fait la promo du film "50 nuances de Grey"
Le bémol. Les chercheurs précisent tout de même : leur étude n’a pas permis de prouver l’influence directe de cette lecture sur les femmes, mais celle-ci a pu, "en normalisant des rapports violents", influencer ou accentuer des comportements.
