Un avocat de Clermont-Ferrand, suspecté d'avoir fait régulariser frauduleusement une quarantaine de sans-papiers avec la complicité d'une employée de la préfecture, a été mis en examen vendredi, a-t-on appris auprès du parquet, confirmant des informations de France Bleu Pays d'Auvergne .
Cet homme de 41 ans est poursuivi pour corruption active, trafic d'influence, faux et usage de faux et aide au séjour irrégulier. Il a été placé sous contrôle judiciaire. Il est soupçonné d'avoir corrompu une employée contractuelle de la préfecture du Puy-de-Dôme pour obtenir des papiers à des étrangers en situation irrégulière. Entre l'été 2015 et l'été 2016, une quarantaine de dossiers, constitués de faux documents, ont été ainsi validés, l'employée fermant les yeux moyennant contrepartie. "Elle a reconnu avoir touché de l'argent", a précisé le procureur de la République à Clermont, Éric Maillaud.
Des personnes qui vivaient essentiellement à Marseille. C'est la préfecture, en vertu de l'article 40 du code du procédure pénale, qui a dénoncé les agissements de cette employée de 27 ans, qui ne travaille plus au sein de l'administration. Placée en garde à vue en début de semaine, elle a été remise en liberté en vue d'une convocation ultérieure devant le juge d'instruction. Selon le procureur, les dossiers concernaient pour l'essentiel des personnes vivant à Marseille mais qui justifiaient de domiciles dans le Puy-de-Dôme.
Une organisation "bien huilée", selon le procureur. Les situations divergeaient d'un dossier à l'autre, l'avocat demandant des régularisations pour des personnes malades ou vivant en France depuis plusieurs années déjà, mais aussi pour des nouveaux arrivants. "Ces 40 dossiers, on les lui a amenés. Quelqu'un avait trouvé ce point de chute. C'était une organisation bien huilée", a souligné le procureur. La justice compte entendre les bénéficiaires de ce trafic mais selon le magistrat, "il n'est pas sûr qu'on les trouve". La police judiciaire est chargée de l'enquête.