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-11,6% par rapport à 2007 : les cadres soumis à une baisse accélérée du pouvoir d'achat

[Frédéric Pétry / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

La situation salariale des cadres se dégrade, avec moins d'augmentations de salaire, une perte accélérée de pouvoir d'achat et une rémunération médiane en léger recul, note ce jeudi l'Association pour l'emploi des cadres.

La situation salariale des cadres se dégrade, avec moins d'augmentations de salaire, une perte accélérée de pouvoir d'achat et une rémunération médiane en léger recul, selon un baromètre publié jeudi par l'Association pour l'emploi des cadres (Apec).

"Le pouvoir d'achat des cadres recule depuis 2007, particulièrement à partir de 2022, avec une rémunération médiane qui progresse moins vite que l'inflation", a souligné Annelore Coury, directrice générale de l'Apec lors d'une conférence de presse.

Entre 2025 et 2026, la perte de pouvoir d'achat des cadres s'élève à 3,6% et elle atteint 11,6% depuis 2007.

Ce recul du pouvoir d'achat pour les cadres est général, mais encore plus marqué pour ceux en milieu de carrière (30-49 ans) et ceux travaillant dans des PME, selon les déclarations faites par 19.000 cadres du secteur privé dans cette étude réalisée chaque mois de juin depuis 2007.

"Le rapport de force s'inverse un peu plus en faveur des entreprises"

Leur rémunération médiane annuelle brute "baisse légèrement" pour la première fois depuis 2010, passant de 55.000 à 54.000 euros, ce qui a trois éléments d'explication: moins d'un cadre sur deux a été augmenté en 2026, ils sont moins nombreux à recevoir une part variable qu'en 2025 et, si changer de poste reste le meilleur moyen pour être augmenté, la mobilité professionnelle a perdu en terme d'effet salarial.

"Le rapport de force s'inverse un peu plus en faveur des entreprises", a expliqué Mme Coury. Les intentions de recrutement se sont affichées en berne au troisième trimestre, avec celles des grandes entreprises au plus bas depuis 2020, selon un autre baromètre publié fin août.

Un sondage publié en septembre et réalisé pour l'Ugict-CGT montrait également que les préoccupations autour du niveau de salaire avaient atteint chez les cadres, pour la première fois, le même niveau que celles concernant l'équilibre vie privée-vie professionnelle.

Des écarts de rémunérations persistants entre hommes et femmes

En 2026, les salaires des cadres femmes et des cadres hommes ont été augmentés, pour la première fois, dans les mêmes proportions. Néanmoins les écarts de rémunération persistent, avec une différence de 15% dans l'ensemble et de 6,8% à profil identique. "Cela baisse, mais très lentement", a relevé Annelore Coury. Cet écart hommes-femmes se creuse avec l'âge, atteignant 9,5% chez les cadres de + de 50 ans.

Alors qu'un projet de loi sur la transparence salariale attend d'être examiné au Parlement, deux offres d'emploi sur trois publiées sur le site de l'Apec affichent désormais un salaire ou une fourchette de rémunération.