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"Un équilibre extrêmement délicat" : comment Vygon améliore les cathéters pour les grands prématurés

[© Europe 1]

Président de Vygon, leader mondial du cathétérisme en néonatologie, Stéphane Regnault explique pourquoi la pose d'un cathéter chez un grand prématuré est un geste d'une précision extrême. L'entreprise améliore régulièrement ses techniques pour limiter la douleur et gagner du temps.

Invité de La France bouge, Stéphane Regnault, président de Vygon, a décrit l'importance des dispositifs de l'entreprise dans les services de néonatologie, où elle est "leader mondial sur le cathétérisme". "Un très grand prématuré, c'est grand comme ma main, son bras est grand comme mon petit doigt et son cœur est grand comme l'ongle de mon petit doigt. Et ce prématuré, si on ne peut pas le perfuser très rapidement, il va mourir, parce qu'on ne peut pas le nourrir."

 

Monter un cathéter peut prendre jusqu'à une heure, pour faire dix à quinze centimètres. "Il faut l'introduire jusqu'à l'entrée du cœur. Si on va un tout petit peu trop loin, on rentre dans le cœur, et là, il y a un risque de tamponnade, donc de percer le cœur et de tuer le bébé. Mais il ne faut pas être trop haut, sinon on n'a pas assez de flux sanguin et, quand on injecte quelque chose, ça ne se mélange pas suffisamment bien dans le sang. Le placement est hyper précis. Et c'est un tout petit cathéter, très fin, très fragile, donc très difficile à faire monter le long de la veine."

"L'innovation, c'est rarement le grand soir"

Pour Stéphane Regnault, "l'innovation, c'est rarement le grand soir". "On ne va pas inventer un nouveau cathéter tous les jours, mais on améliore très régulièrement nos techniques." Il explique en quoi consistent ces améliorations. "C'est très traumatique de mettre un cathéter dans une veine, surtout chez un enfant si petit. Plus on va limiter le traumatisme, plus on va utiliser des matières très souples, adaptables, moins la douleur va être présente et moins on va abîmer la veine. Plus on peut faire ce geste rapidement, plus c'est efficace. Ensuite, il faut savoir où est placé le cathéter, donc faire des radios. Il y a un équilibre entre la visibilité à la radio et la résistance du cathéter. Pour qu'il soit visible, on doit mettre des éléments dans la paroi qui le rendent radio-opaque. Ça le fragilise, et si on le fragilise trop, il va casser, ce qui est dramatique. Cet équilibre est extrêmement délicat, et là-dessus, on n'est pas mauvais."