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Le pape Léon XIV a voté par correspondance pour les élections de mi-mandat aux États-Unis

Le pape Léon XIV durant sa visite officielle en France. [Vatican Media / CPP / HANS LUCAS / Hans Lucas via AFP]

Léon XIV, de son vrai nom Robert Francis Prevost, n'a pas renoncé à sa nationalité américaine et conserve donc son droit de vote. Il a ainsi procédé à un vote par correspondance pour les élections de mi-mandat, qui se concluront ce mardi 3 novembre.

"Le pape Léon XIV a exercé son droit de vote en tant que citoyen des États-Unis", annonce le Bureau de presse du Saint-Siège, ce vendredi 30 octobre 2026. Le Saint-Siège confirme ainsi que le pontife, qui considère le vote comme un "devoir", a bien participé, par correspondance, aux élections de mi-mandat dans son État de l’Illinois.

La nouvelle avait été révélée jeudi par un officiel du comté de Will, région administrative située au sud de Chicago, grâce à une enquête du Chicago Sun Times : le pape a fait une demande de vote par correspondance le 3 octobre dernier. Il est enregistré à une adresse située à New Lenox, la ville où réside son frère John, ancien enseignant aujourd’hui à la retraite. Dans un communiqué publié ce vendredi, le Saint-Siège a expliqué que "le pape Léon XIV a exercé son droit de vote en tant que citoyen des États-Unis chaque fois qu’il y était éligible". Et qu’en conséquence, il avait bien "transmis son bulletin de vote par correspondance à Chicago".

Robert Francis Prevost a toujours voté lorsqu'il "y était éligible"

Le pape Léon XIV, qui votera en tant que Robert Francis Prevost, citoyen des États-Unis, devient ainsi le premier successeur de Pierre connu à avoir participé à une élection civile. Si rien n’interdit à la hiérarchie catholique de faire son devoir de citoyen, elle reste le plus souvent très discrète afin de ne pas sortir de son devoir de réserve pastoral.

Les archives consultées par la presse américaine tendent à confirmer que le pape est un citoyen engagé : il a en effet voté aux primaires républicaines en 2012, 2014 et 2016, aux primaires démocrates en 2008 et 2010, et aux élections générales en 2012, 2014, 2018 et 2024. Le Vatican ajoute que le pape a aussi exercé son droit de vote "à chaque fois qu’il y était éligible" au Pérou, dont il est citoyen depuis 2015. Des médias péruviens avaient pourtant rapporté qu’en octobre dernier, le pontife n’avait pas exercé son droit de vote lors des élections municipales et régionales dans le pays andin.

"Le Saint-Père exprime sa conviction que les citoyens ont à la fois le droit et le devoir de participer aux processus démocratiques", conclut le communiqué du Saint-Siège. Ces derniers mois, le pape avait pu suivre de près la politique de son État d’origine, l’Illinois, en recevant au Vatican son sénateur Dick Durbin et son gouverneur JB Pritzker.

Un scrutin aux multiples enjeux

Une polémique avait éclaté à propos du premier en octobre 2025, après que le cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago réputé proche du pape, a annoncé vouloir lui remettre un prix pour son engagement en faveur des migrants. Une partie de la presse catholique avait dénoncé ses prises de position en faveur de l’avortement, et Léon XIV avait réagi à Castel Gandolfo en renvoyant dos à dos ceux qui défendent le "traitement inhumain des migrants aux États-Unis" et ceux qui sont contre l’avortement. Il avait plaidé pour "davantage de respect mutuel". Quelques heures plus tard, le sénateur avait finalement renoncé au prix.

Le 23 décembre 2025, toujours à Castel Gandolfo, le pape avait critiqué le choix de JB Pritzker de dépénaliser le suicide assisté dans l’Illinois, l’État dont il est originaire, expliquant avoir parlé de ce sujet "très explicitement" avec le gouverneur qu’il avait reçu en novembre 2025. "Nous avions été très clairs sur la nécessité de respecter la sacralité de la vie, du début à la fin. Et malheureusement, pour diverses raisons, il a décidé de signer ce projet de loi. Je suis très déçu par cela", avait-il regretté.

Pour le siège de l’Illinois au Sénat, le pape doit choisir entre Juliana Stratton (Parti démocrate), et Don Tracy, adoubé par Donald Trump. Pour le siège de gouverneur, il devra choisir entre J.B. Pritzker, qui brigue un nouveau mandat, et Darren Bailey, candidat de la Maison Blanche. Le pape pourrait aussi choisir des candidats indépendants. Lors de ce scrutin, les électeurs doivent aussi choisir un nouveau procureur général, un nouveau secrétaire d’État, un nouveau contrôleur de l’État et un nouveau trésorier de l’État.