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Éducation nationale : «Le meilleur service qu’on puisse rendre aux enfants est de leur dire la vérité», clame Augustin Yvan

[Europe 1]

Alors que la colère des lycéens met en lumière le malaise au sein de l’Éducation nationale, Augustin Yvan, directeur du développement de la Fondation pour l’école, a défendu mardi sur Europe 1 la nécessité de dire la vérité aux élèves sur leur niveau. Selon lui, les difficultés scolaires doivent être identifiées le plus tôt possible pour permettre aux enfants de progresser.

"Le meilleur service qu’on puisse rendre aux enfants, c’est de leur dire la vérité." Invité de l’émission Pascal Praud et vous sur Europe 1, Augustin Yvan a dénoncé un système scolaire qui, selon lui, entretient des illusions sur les capacités des élèves. "Aujourd’hui, on leur dit : allez-y, de toute façon vous êtes super en tout, et vous arriverez en tout, et allez jusqu’aux études supérieures", a-t-il regretté. 

Pour le directeur du développement de la Fondation pour l’école, il faut au contraire identifier dès le plus jeune âge les points forts et les difficultés de chaque enfant. Il a notamment salué les évaluations nationales organisées jusqu’au CM2, estimant qu’elles permettent de repérer les lacunes, mais déplorant que leurs résultats ne soient pas suffisamment pris en compte.

"Forcément, c’est cruel"

Augustin Yvan plaide ainsi pour que ces évaluations deviennent "validantes" et que les élèves en difficulté puissent, si nécessaire, redoubler avant leur entrée au collège. Il a également insisté sur l’importance d’intervenir dès le CP lorsqu’un enfant rencontre des difficultés en lecture. "Si on ne le dit pas, on fait passer un enfant qui arrive en CE2 et toujours incapable de déchiffrer certains mots", a-t-il alerté. 

S’il dit éprouver de l’empathie pour les lycéens en colère, il estime que leur mobilisation traduit aussi un malaise plus profond : celui de jeunes qui découvrent tardivement leurs lacunes. "Forcément, c’est cruel", a-t-il conclu, en évoquant le témoignage d’un étudiant qui disait n’avoir jamais compris ce qui lui était arrivé avant d’être confronté à un jugement sur son travail à 17 ans.