Face au prolongement du mouvement lycéen et à l'appel d'une grève générale le 5 novembre, la situation s'assombrit pour les commerçants. Reportage à Bordeaux, où les professionnels se remettent à peine d'un été délicat avec les incendies.
L'intersyndicale lycéenne appelle à poursuivre la mobilisation dès samedi prochain, jour de l'acte III de cette mobilisation, avant une grève générale annoncée pour le 5 novembre. De nouvelles manifestations qui inquiètent encore un peu plus les commerçants.
Entre fermeture préventive et baisse de fréquentation, l'angoisse monte quant à l'impact des mobilisations sociales du samedi sur leurs ventes, dans un contexte économique déjà morose. Sur cette place très fréquentée du centre-ville de Bordeaux, les heurts sont nombreux depuis deux semaines.
" C'est de la folie"
Le bar de Frédéric Vacher en paie les conséquences : "On a déjà eu ça un mardi soir, on a eu ça un mercredi soir, et après on a eu le samedi 17 et le samedi 24. On est à 40% de perte de chiffre d'affaires par rapport à une journée normale. Parce que nous, on est obligés de fermer, de protéger les gens. Ce qui fait qu'en fait, toute une terrasse où il y a à peu près 200 places assises, est pliée... C'est de la folie. Ça a peut-être entraîné des conséquences au niveau de l'entreprise, sur les emplois... C'est beaucoup de choses".
Même inquiétude pour Célia, dans sa boutique de chaussures fermée depuis deux samedis : "C'est surtout au vu des échéances. Samedi prochain, on sera peut-être fermé aussi. Samedi d'après aussi. Les fêtes de fin d'année approchant, normalement, c'est une période où les gens font du repérage. Mais là, c'est au point mort".
Un climat social qui pourrait avoir des conséquences sur l'image même de la ville, craint Melvin dans son restaurant : "Il y a quand même une grosse partie de notre clientèle qui sont des touristes. Là, depuis deux semaines, c'est sûr, ils sont moins nombreux. Ils se posent des questions sur ce qui se passe en France. Est-ce qu'il y a une guerre ? C'est assez violent".
Ces professionnels n'avaient pas besoin de ça, eux qui ont déjà indirectement payé les conséquences d'un été plombé par les incendies dans la région.