Pour Jérôme Fourquet, le mouvement lycéen actuel renvoie à une longue tradition d'affrontements avec les forces de l'ordre. Le politologue relève pourtant une rupture nette avec Mai 68, qui en dit long selon lui sur l'évolution du rapport à l'autorité.
Invité de L'Heure des Pros, Jérôme Fourquet a comparé le mouvement lycéen actuel à Mai 68, le "maître étalon" des mobilisations de jeunesse dans l'histoire française. Pour le politologue, "rien de nouveau sous le soleil" dans les affrontements entre une partie des jeunes manifestants et les forces de l'ordre, si ce n'est que "le degré d'intensité des violences est bien plus élevé aujourd'hui qu'il ne l'était hier".
La vraie rupture se situe ailleurs, selon lui. "En 68, dans l'ancien monde, il ne serait venu à l'idée de personne d'agresser un professeur ou un proviseur. Il y avait une espèce de totem d'immunité, de la même manière qu'on ne s'en prenait pas aux pompiers." Aujourd'hui, le ministre de l'Éducation fait état d'environ 150 cas d'agression de membres de l'Éducation nationale, selon cet expert. Tous les lycéens ne sont évidemment pas concernés, nuance Jérôme Fourquet, mais "on est sur quelque chose d'assez inédit".
Pour lui, ce constat traduit un rapport à l'autorité qui a évolué et la disparition de mécanismes qui permettaient autrefois de "canaliser ces pulsions". Il y voit "le niveau de tension" et le caractère "beaucoup moins rentré" d'une violence qui "a toujours existé dans toutes les sociétés", mais "s'exprime de manière totalement débridée".