À l'approche des suites des manifestations du 17 octobre, les commerçants de Bordeaux, Paris ou Marseille redoutent de nouveaux saccages. Certains évacuent leurs stocks avec l'aide d'entreprises locales, et les vitrines cèdent la place aux palissades et aux vigiles.
L'inquiétude grandit. Dans de nombreuses villes comme Bordeaux, Paris ou Marseille, les commerçants, largement ciblés lors de la précédente mobilisation, vivent dans l'angoisse. Les stigmates des attaques sont encore visibles dans les centres-villes, et les images de CRS dépassés restent dans tous les esprits. Une véritable psychose gagne les commerçants.
"On ne sait pas si c'est un client ou quelqu'un qui repère"
Marie-Pierre Cartier, coiffeuse et présidente de l'association des commerces positifs, décrit un climat de méfiance. "C'est hyper anxiogène, on ne sait même pas si la personne qui regarde une vitrine est en train de repérer ou pas. On a des coups de fil, on ne sait pas si c'est un client ou quelqu'un qui repère ce qu'on a", explique-t-elle. Certains commerçants ont aussi été menacés.
Pour elle, mieux vaut "prévenir que guérir". La solidarité joue, et de nombreux commerçants commencent à exfiltrer leurs stocks. "On a beaucoup d'entreprises de la région qui nous prêtent des véhicules pour qu'on puisse sortir tous les stocks, on ne peut pas le faire à pied. Ça fait très chaud au cœur", dit-elle.
"On va vider le magasin"
C'est le choix de la sommelière Nicole Richard-Verspieren, présidente de l'association Commerces 13. "Tout ce qui est de valeur, on l'a déjà enlevé, et tout ce qui reste, on va continuer à l'enlever, il n'y aura plus rien. Après, si on est cassé, on est cassé, mais on va vider le magasin, tout est prévu", affirme-t-elle.
Dans ces artères commerçantes, le décor n'est plus le même. Les vitrines ont presque toutes cédé la place à des palissades gardées par des vigiles.