Selon un communiqué publié ce vendredi, Airbnb va apporter plusieurs changements à son règlement intérieur dès le 20 novembre. Parmi eux, des règles que ne pourront plus imposer les hôtes aux voyageurs. Europe 1 vous résume tout ce qu'il faut savoir.
Airbnb a annoncé qu’il allait encadrer les tâches que les hôtes peuvent demander aux voyageurs, comme défaire les lits, sortir les poubelles ou faire la vaisselle, après des plaintes de clients agacés par ces corvées. Cette nouvelle politique mondiale s’appliquera aux réservations à partir du 20 novembre.
“Nos règles relatives aux hébergements permettent aux voyageurs d’avoir des directives de la part des hôtes, cependant notre communauté nous a fait savoir qu’elles pouvaient être source de confusion, contraignantes et difficiles à gérer”, a déclaré jeudi Airbnb à l’AFP. La plateforme demande désormais aux hôtes d’”être raisonnables” et de présenter leurs règles dans une section dédiée de l’annonce. Ils ne pourront plus ajouter d’exigences après la réservation, que ce soit par message, par affichage dans le logement ou à l’oral.
Ce qui est interdit, ce qui reste permis
Les hôtes ne peuvent plus demander de défaire le lit et de lancer une machine, de sortir les poubelles ou de laver et ranger la vaisselle. Airbnb juge qu’il s’agit de “tâches qui nécessitent un effort ou un temps considérable, ou qui seraient généralement effectuées par un agent d’entretien”. Demander ces tâches “peut ternir leur séjour et avoir un impact négatif sur vos commentaires”, justifie la plateforme.
Il reste possible de demander de poser la vaisselle sale dans l’évier, de rassembler les serviettes usagées ou de trier les déchets et les emballages recyclables. Les hôtes ne peuvent en revanche plus restreindre l’accès à un équipement mentionné dans l’annonce, comme la climatisation, ni imposer de pénalités. Les contrats ne sont autorisés que dans certains cas, par exemple lorsque la loi ou le règlement d’une copropriété l’exige.
Sept règles standards et des sanctions possibles
L’interface a été revue. Les hôtes peuvent choisir entre sept règles standards, à savoir le nombre maximal de voyageurs, les heures de calme, les événements et shootings photo, les animaux, le tabac et la fermeture du logement à clé au départ. Les demandes non conformes seront signalées dans l’outil de modification d’annonce, et l’hôte pourra faire appel. Il risque un avertissement ou une moindre visibilité dans les résultats de recherche. “Pour déterminer si une demande est raisonnable, nous nous efforçons de comprendre le contexte du logement […] et nous pouvons accorder des exceptions”, nuance Airbnb.
Des hôtes divisés
Certains hôtes ont critiqué la mesure. Une pétition sur Change.org, forte d’environ 4 000 signatures jeudi matin, demande son retrait : “Laver la vaisselle que vous avez utilisée n’équivaut pas à nettoyer tout un logement.” D’autres comprennent la logique, à l’image d’Alec Orenstein, hôte et voyageur de 42 ans : il a “toujours détesté” qu’on lui impose une lessive en vacances et ne demanderait jamais cela à ses propres clients.
Un virage dans la stratégie du groupe
Airbnb, né comme alternative à l’hôtel, a ajouté cette année des hôtels indépendants et de charme à son offre pour devenir un “guichet unique” du voyage, selon son patron Brian Chesky. Dans un entretien au New York Times en mai, celui-ci reconnaissait que certains hôtes demandaient trop de corvées : “Personne ne devrait avoir à mettre les serviettes dans la machine et à la lancer. […] Ces gens sont en vacances, et en vacances de leurs corvées.”