Presqu'une semaine après les émeutes du 17 octobre, une nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère est prévue ce samedi 24 octobre. Pour les commerçants, hors de question de revivre les pillages du week-end dernier. À Lille, tous prennent leurs dispositions pour éviter au maximum la casse.
À quelques jours du deuxième acte de manifestation contre la vie chère, les commerçants craignent de nouveaux pillages. Le week-end dernier, près de 3.000 boutiques avaient été dégradées.
Alors, dans le centre de Lille, ils sont nombreux à prendre leurs dispositions pour anticiper les débordements. Dans le centre-ville, des panneaux en bois sont installés sur les façades de plusieurs boutiques. Mathéo, responsable d'un magasin de prêt-à-porter pour hommes, a pris toutes les précautions pour samedi.
"Nous sommes déjà barricadés et on va mettre des vigiles, alors que d'habitude, on n'en a pas. Il y a consigne de filtrer tout ce qui est mineur, personnes cagoulées, etc. Surtout, dès qu'il y aura un mouvement de foule, on fermera la boutique pour sécuriser les clients", explique-t-il au micro d'Europe 1, avant d'ajouter : "Ayant vu le samedi 17, j'ai plus peur pour le samedi 24 que pour le samedi 17 octobre, parce que maintenant, je sais de quoi ils sont capables."
"Je serai là pour défendre ce que j'ai bâti"
La tentation de fermer est forte chez certains commerçants, mais c'est un aveu de faiblesse, estime Hector, cafetier. "Je n'ai pas envie d'offrir mon restaurant à cette racaille", insiste-t-il. "Le message passé n'est pas le bon en faisant ça. Ça signifie : 'Je me barricade et j'ai peur de vous'. Mais je ne veux pas rentrer dans cette rhétorique", poursuit le gérant.
Et d'ajouter : "Donc, je serai là pour défendre ce que j'ai bâti toute ma vie. Je me mettrai devant et s'ils veulent rentrer chez moi, ils me passeront dessus avant. Mais je ne veux pas afficher ma peur, tout simplement."
"Hors de question de baisser le rideau un samedi pendant les vacances scolaires", souligne ce restaurateur. "Il y a moins de touristes et on perd assez d'argent comme ça", conclut-il.