Avec la forte augmentation du prix des paquets de cigarettes, les bureaux de tabac sont particulièrement visés lors des mouvements d'émeutes. Selon un décompte toujours provisoire de la Confédération nationale des buralistes, une centaine d'établissements ont été dévalisés samedi dernier. Leur détresse est immense.
Quatre murs et un mobilier réduit en miettes, c'est tout ce qu'il reste du commerce de Nelly. "Ils ont pris des panneaux pour la circulation et ils ont forcé le rideau. Ils sont passés tellement fort à plusieurs qu'ils ont même cassé la vitrine", raconte-t-elle.
"Ils avaient la porte sur eux, ils s'en foutaient, ils continuaient. On aurait dit une fourmilière. Ils remplissaient des valises avec des cigarettes, des bonbons, tout ce qui était bon à prendre, ils prenaient. Il y a même des clients à nous qui se sont servis", se remémore-t-elle.
"Obligé de faire justice moi-même"
170.000 euros de marchandises envolés pour elle. Les travaux pourraient prendre deux mois. Marc, lui, a pris tous les risques pour tenter de sauver son bureau de tabac : "Obligé de faire justice moi-même. J'ai pris une arme de défense. J'ai mis le casque, une cagoule, alors j'étais obligé de sauver le peu qui me restait dans le tabac".
Il raconte également avoir appelé le 17 à "sept reprises" : "Ils ne répondaient jamais. Je leur ai dit 'Si vous ne venez pas, je vais tuer quelqu'un'. 'Faites ce que vous voulez monsieur, on est débordé, on ne peut plus venir'", raconte ce trentenaire. Ces commerces deviennent la cible prioritaire des casseurs, alerte Pierre Romero, secrétaire de la Confédération nationale des buralistes.
"À une époque, vous aviez les bijouteries et d'autres commerces. Aujourd'hui, avec la valeur de nos produits, on est une cible systématique et souvent la première. Et tous ces produits-là, vous les vendez dans la rue, sans difficulté, sans contrôle possible". Et sa confédération appelle à un sursaut sécuritaire "fort et durable".