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À Rennes, 400 lycéens et étudiants manifestent malgré l’interdiction de la préfecture

[Mélanie Salaun / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

400 personnes, en majorité des lycéens et des étudiants, se sont rassemblées mardi à Rennes malgré l’interdiction préfectorale, motivée par les risques de nouvelles violences après les affrontements du 17 octobre. Le cortège a été dispersé par les forces de l’ordre après deux kilomètres de marche.

Environ 400 personnes, en majorité des lycéens et des étudiants, se sont rassemblées mardi à Rennes malgré l'interdiction de la préfecture d'Ille-et-Vilaine qui invoquait "des risques de nouvelles violences" après celles du 17 octobre, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les manifestants se sont rassemblés vers 11h en centre-ville, avant d'être repoussés par les forces de l'ordre, en nombre important, vers le sud de la ville. Le cortège improvisé, qui a marché dans le calme, a été stoppé au bout de 2 km, peu avant 13h00. Les derniers participants ont alors été contrôlés par les forces de l'ordre et se sont dispersés.

"Quand j'ai passé mon bac, on bloquait déjà pour les mêmes choses, ça montre bien que les jeunes, on ne nous écoute pas", a déclaré à l'AFP Ninon, 20 ans, étudiante à Rennes 2 en sciences de l'éducation.

Parmi les manifestants, Jérémy, 31 ans, qui a été enseignant vacataire en collège, estime que les revendications des jeunes sont "basiques". Lui aussi a déploré que plusieurs catégories de population, notamment les infirmiers, les opposants à la réforme des retraites ou encore les écologistes, ne soient "pas écoutées". Ce mouvement est, selon lui, "le résultat de dix ans de Macron".

Une interdiction justifiée par les "graves troubles à l'ordre public constatés le 17 octobre"

Le rassemblement, non déclaré et qui a circulé sur les réseaux sociaux, était "interdit par arrêté préfectoral", a annoncé la préfecture sur son compte X dans la nuit de lundi à mardi.

Cette interdiction a été justifiée par les "graves troubles à l'ordre public constatés le 17 octobre et des risques de nouvelles violences que représente cet appel à rassemblement", la préfecture escomptant 1.500 à 2.000 personnes auxquelles auraient pu se joindre "divers autres contestataires".

Pour David Mauret Muguercia, du syndicat Union pirate, il s'agit de "méthodes de dictature". "Cette manifestation, c'est la suite du 17 octobre", a estimé le militant qui a dénoncé "les conditions horribles dans l'éducation mais aussi les violences policières".

Une soixantaine de commerces vandalisés à Rennes

A Rennes comme dans de nombreuses autres villes, de violents affrontements ont opposé le 17 octobre des groupes de jeunes, souvent masqués et vêtus de noir, aux forces de l'ordre, parallèlement au défilé qui a rassemblé 12.000 personnes dans le centre-ville, selon les chiffres de la préfecture.

Selon un bilan provisoire, une soixantaine de commerces ont été vandalisés et pour certains pillés. 

Outre l'interdiction de la manifestation lycéenne, la préfecture a pris lundi soir un arrêté "interdisant les attroupements de nuit, entre 20h et 5h, de groupes qui se constitueraient en vue de commettre des prédations sur les commerces". 

Cette interdiction concerne uniquement les rues de Rennes où des dégradations ont été commises le week-end dernier et n'est "pas un couvre-feu", a expliqué la préfète, Emmanuelle Dubée, lors d'un point de presse.