La frontière entre jeux vidéo et jeux d’argent s’estompe, exposant les mineurs à des comportements à risque. Selon une étude de l’Arpej publiée lundi 19 octobre, 39 % des 15-17 ans interrogés ont pratiqué des jeux numériques hybrides au cours des trois derniers mois. Ces mécanismes, qui mêlent divertissement, microtransactions et incitations aux paris, pourraient favoriser le passage aux jeux d’argent et s’accompagner de troubles du sommeil, de stress et de difficultés à réguler ses émotions.
La convergence entre les jeux d'argent et de hasard et les jeux vidéos favorise les comportements à risque des mineurs selon une étude de l'Association de recherche et prévention sur les excès des jeux (Arpej) publiée lundi 19 octobre.
L'association, en partenariat avec l'Autorité nationale des jeux (ANJ), a interrogé 5.000 mineurs de 15 à 17 ans en 2025 sur leur pratique des "jeux numériques hybrides" qui introduisent des éléments ou des mécaniques de l'univers des jeux d'argent dans celui des jeux vidéo, une pratique appelée "gamblification", ou "casinification", en français.
Grand Theft Auto, CrownCoins, Mon Petit Gazon en ligne de mire
39% des mineurs interrogés déclarent avoir joué à ce type de jeu au cours des trois mois précédant l'étude, une proportion supérieure chez les garçons (42,4 % contre 35,4 % chez les filles) et 15,6 % effectuent des dépenses en lien avec ces jeux.
Sont considérés comme jeux numériques hybrides (JNH) les jeux de casinos sociaux (reproduisant machines à sous, jeux de cartes ou de table, et utilisant de la monnaie virtuelle) comme CrownCoins ou McLuck, ceux qui intègrent des éléments de jeu d'argent sans que ce soit le thème principal (Grand Theft Auto - GTA), les jeux avec boîtes à butin (FC Ultimate team, Genshin Impact) ou ceux de pronostics sportifs virtuels (Mon Petit Gazon - MPG, Fungiball)...
"Deux tiers des mineurs joueurs déclarent avoir pratiqué des JNH et plus particulièrement des JNH casinos avant de s'engager dans des jeux d'argent", explique l'Arpej, qui s'alarme de l'"effet passerelle" des jeux hybrides.
42,6 % des mineurs interrogés déclaraient avoir joué au moins une fois à des jeux d'argent
Bien que la plupart soient gratuits, "ils intègrent fréquemment des mécanismes incitant les jeunes joueurs à effectuer des microtransactions afin de progresser plus rapidement ou obtenir des avantages dans le jeu", relève l'étude.
Par ailleurs, lorsqu'ils jouent à des jeux hybrides "68,9 % des adolescents déclarent avoir été exposés à des publicités les incitant à aller parier sur les jeux d'argent et de hasard, principalement sur les réseaux sociaux, TikTok et Instagram".
L'Arpej a déjà indiqué en février, en se basant sur les premiers résultats de cette étude, que 42,6 % des mineurs interrogés déclaraient avoir joué au moins une fois à des jeux d'argent et de hasard au cours des douze mois précédents (surtout de grattage et de tirage vendus dans des points de vente physiques), soit une hausse de près de 8 points par rapport à 2021.
Davantage de troubles du sommeil, de stress et de difficultés de régulation de l'humeur
En se basant sur l'Inventaire canadien des jeux de hasard et d'argent chez l'adolescent (ICJA) qui évalue la prise de risque, l'étude détermine que les mineurs qui jouaient aussi bien aux jeux d'argent qu'aux jeux numériques hybrides avaient un score de gravité plus élevé (26 %) que ceux qui ne jouaient qu'à des jeux d'argent (3,9 %).
Ils déclarent également plus de troubles du sommeil, de stress et de difficultés de régulation de l'humeur.