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«C’est l’anarchie» : les Parisiens partagés entre dégoût et tristesse face au chaos dans les rues ce lundi matin

Pour calmer la situation, des CRS ont fait usage de lanceurs de balles de défense. [Jerome Gilles / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Après une deuxième nuit de violences, Paris se réveille sous le choc. Au petit matin, les habitants et les commerçants témoignent de leur peur, de leur sidération et de leur écœurement face à des débordements qui ont transformé les rues de la capitale en véritables scènes de guerre.

Paris se réveille dans la stupeur et la colère. Après une deuxième nuit marquée par de violents affrontements, plusieurs quartiers de la capitale portent les traces d’une soirée de chaos. Tout a recommencé autour de la place de la République, avant que les violences ne s’étendent au boulevard Voltaire, à Belleville et aux Halles. 

Commerces pillés, mobilier urbain saccagé, policiers pris pour cible, les scènes observées dans les rues parisiennes témoignent d’une situation particulièrement tendue.

Une camionnette de police municipale a été attaquée et des matraques ont été dérobées. Dans le 10e arrondissement, la porte d’un immeuble d’habitation a même été défoncée par plusieurs dizaines d’individus. À 1h30 du matin, 117 personnes avaient déjà été interpellées.

Au petit matin, derrière les vitrines brisées et les déchets calcinés, une autre réalité apparaît, celle de Parisiens sidérés, écœurés et parfois terrifiés par les événements auxquels ils viennent d’assister.

Des rues transformées en scènes de chaos

Rue de Turbigo, la tension est montée brutalement. Un cafetier remballe sa terrasse en catastrophe alors que des centaines d’individus affrontent les forces de l’ordre à proximité. Des mortiers d’artifice sont tirés, tandis que les flammes illuminent par moments la foule.

Pour les habitants du quartier, la soirée prend des allures de cauchemar. Une riveraine, qui préfère garder l’anonymat, presse le pas pour rentrer chez elle et se mettre à l’abri. Son témoignage traduit l’inquiétude de ceux qui se retrouvent pris au milieu des violences.

"On va s’enfermer chez nous et on va faire attention à nous. Mais c’est horrible, franchement c’est horrible. Ça fait peur, tout le monde est dépassé par la situation, c’est l’anarchie", confie-t-elle.

Aux Halles, la peur s’invite jusque devant les terrasses

À mesure que la soirée avance, les violences ont gagné le secteur de Châtelet et des Halles. Des groupes d’individus cagoulés se sont dirigés vers le quartier et tentent de forcer l’accès aux Halles. Des boutiques alentour sont ensuite pillées, tandis que les groupes se dispersent dans les petites rues adjacentes.

Sur place, les commerçants assistent, impuissants, à la dégradation de leur environnement. Gaspard, témoin de la scène, raconte comment des individus s’en sont pris au mobilier des terrasses. "On a dû voir un groupement prendre les chaises, des terrasses, les jeter. Quelqu’un nous a demandé de rentrer à l’intérieur, qui fermait la terrasse du coup", explique-t-il.

Arnaud, qui tient un bar dans le secteur, décrit lui aussi une situation particulièrement inquiétante. "Une centaine commençaient à attaquer les bars de la rue, qui ont des tonneaux et des gros trucs qu’ils ont commencé à envoyer partout, attaquer les poubelles. Il y en a qui ont eu très peur", témoigne-t-il.

Pour calmer la situation, des CRS ont fait usage de lanceurs de balles de défense, communément appelés "flashballs", pour tenter de maintenir l’ordre dans un quartier devenu particulièrement chaotique.