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Maintien de l'ordre à Marseille : Benoit Payan «demande des comptes»

[Benjamin Vodant / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Après l'intrusion de "casseurs" dans la mairie de Marseille, le maire Benoît Payan (DVG), a "demandé des comptes" sur l'organisation du maintien de l'ordre.

Le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), a "demandé des comptes" sur l'organisation du maintien de l'ordre en marge des manifestations samedi dans la ville, après des incidents, dont l'intrusion de "casseurs" dans la mairie.

"Je demande des comptes, parce que je ne vais pas laisser les choses en l'état. Je veux savoir ce qui s'est passé. Je veux savoir pourquoi, dans cette ville, des gens ont pu impunément casser", a-t-il déclaré lors d'un point presse à la mairie.

"J'avais demandé à ce qu'il soit sécurisé"

De nombreux incidents ont émaillé le début de la journée de protestation de samedi dans la deuxième ville de France, notamment l'intrusion de force d'un groupe dans l'entrée de la mairie historique sur l'emblématique Vieux-Port, ou l'attaque du commissariat central de la police municipale sur la célèbre Canebière, à quelques centaines de mètres de là.

"J'avais demandé évidemment par écrit à la préfecture de police qu'il (le commissariat de la police municipale) soit dès hier soir sécurisé, parce qu'on savait parfaitement, il n'y a pas besoin d'avoir fait l'école de guerre pour comprendre que c'est un point stratégique. Donc j'avais demandé à ce qu'il soit sécurisé, évidemment il ne l'a pas été, et il s'est passé ce qui devait se passer, c'est-à-dire que des casseurs, parce qu'on sait très bien qu'il y a des casseurs qui sont là pour en découdre, qui n'ont aucune revendication, sont entrés, ont massacré l'intégralité du commissariat central de police municipale", a dénoncé le maire.

"Ensuite ils se sont tranquillement déplacés, ils sont venus devant la mairie, là il y avait un cordon de CRS qui a effectué un tir de bombe lacrymogène sur des casseurs, c'est des black blocks, ce ne sont absolument pas des manifestants, il y a eu un rideau de fumée, puis ensuite je ne sais pas ce qui s'est passé, il y a eu un mouvement de la part des CRS et la porte de la mairie s'est retrouvée libre, donc qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ? On a les casseurs qui entrent dans la salle du bas, qui est une salle qui n'est pas utilisée, heureusement, il n'y a pas eu beaucoup de casse, quelques tables retournées, quelques vitres cassées, une Marianne à terre, mais c'est insupportable, ça s'est passé de manière insupportable".

"Pas des manifestants, ce sont des casseurs"

Il a dénoncé le manque selon lui de forces de l'ordre prépositionnées, assurant que "ce matin, il y avait une compagnie de CRS pour Marseille, Marseille c'est la deuxième ville de France, Marseille c'est cinq fois Lyon en surface, c'est deux fois et demie Paris... Une compagnie de CRS".

"Il a fallu que j'appelle le président de la République, le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur, que je les aie au téléphone pour leur demander des renforts, ce qu'on a au moment où je vous parle, c'est-à-dire qu'il y a trois compagnies de CRS et deux compagnies de (blindés) Centaure", a-t-il regretté.

Il a fustigé les auteurs de violences, qui "ne sont pas des manifestants, ce sont des casseurs, ce sont des gens qui sont les idiots utiles de l'extrême droite, (...) des abrutis, des imbéciles, des voyous". "Je veux qu'ils soient en prison. Je veux qu'ils soient traduits (en justice). Je veux savoir combien de casseurs ont été interpellés. Je veux savoir ce qui se passe", a-t-il lancé.