Alors que Donald Trump cherche une issue à la guerre en Iran, l’armée américaine étudierait de nouvelles options militaires, dont le recours à la MOAB, surnommée la "mère de toutes les bombes". Mais son utilisation, qui marquerait une nouvelle escalade du conflit, suffirait-elle à faire plier Téhéran ou risquerait-elle d’aggraver encore les tensions ?
Les États-Unis vont-ils passer à la vitesse supérieure ? Donald Trump menace de recourir à la "mère de toutes les bombes" pour mettre fin à la guerre en Iran. Selon plusieurs hauts responsables cités par CNN, l’armée américaine aurait élaboré de nouveaux plans d’attaque contre le pays, incluant la possibilité d’utiliser cette arme particulièrement destructrice contre des infrastructures énergétiques et des installations nucléaires.
La MOAB, la BOMBE non nucléaire américaine la plus puissante
Officiellement appelée GBU-43/B Massive Ordnance Air Blast Bomb, la MOAB est considérée comme la bombe non nucléaire la plus puissante de l’arsenal américain. Conçue pour provoquer des destructions massives, cette bombe à effet de souffle massif pourrait être employée si le président américain ordonnait la reprise des opérations militaires contre l’Iran.
Toutefois, le recours à cette arme ne garantirait pas l’atteinte des objectifs militaires de Washington. Des sources proches des plans de l’armée américaine, citées par CNN, doutent notamment de sa capacité à modifier durablement le cours de la guerre ou à permettre à Donald Trump d’obtenir les résultats stratégiques qu’il recherche.
Selon eux, la GBU-43 est particulièrement adaptée à la destruction de vastes zones, mais se révèle beaucoup moins efficace dans d’autres situations. "Elle n’a clairement pas été conçue pour pénétrer profondément dans le sol", a précisé la même source.
Une arme déjà utilisée en Afghanistan en 2017
Développée en 2003, la MOAB est présentée par le Musée de l’Armement de l’US Air Force comme la plus grosse bombe aéroportée guidée par satellite jamais conçue. Elle a été mise au point pour remplacer la BLU-82 "Daisy Cutter", utilisée notamment pendant la guerre du Vietnam et en Afghanistan.
Pesant plus de dix tonnes, cette bombe à guidage GPS contient environ 8 500 kg d’explosif H6. Elle est conçue pour être larguée depuis un avion de transport militaire Lockheed C-130 Hercules. Son développement, ses essais et sa mise en service ont été assurés par la Direction des munitions du Laboratoire de recherche de l’US Air Force.
La MOAB, aussi surnommée "mother of all bombs" soit "la mère de toutes les bombes" a été employée pour la première fois par les États-Unis le 13 avril 2017, en Afghanistan, sous la première présidence de Donald Trump. Elle avait alors été larguée contre des positions du groupe terroriste État islamique.
A #MOAB bomb strikes #ISIS cave & tunnel systems in eastern #Afghanistan. The strike was designed to minimize risk to Afghan and U.S. Forces https://t.co/7pfBYQzk5F
— Department of War 🇺🇸 (@DeptofWar) April 14, 2017
Selon le bilan rapporté à l’époque, l’attaque avait tué 36 combattants de l’organisation et détruit des armes, des munitions ainsi que trois tunnels. Cette première utilisation avait marqué un tournant dans l’emploi de cette bombe, jusque-là jamais utilisée au combat par l’armée américaine.
Son éventuel déploiement en Iran représenterait une escalade militaire majeure, compte tenu de la nature des cibles envisagées et des conséquences potentielles d'une telle opération. Le président américain a toutefois déclaré la semaine dernière que les États-Unis n’envisageaient pas de frapper l’Iran avant les élections législatives du 3 novembre.