Selon un média norvégien, plusieurs militaires se sont aperçus que leurs voitures de location de marque chinoise enregistraient leurs déplacements et les sons à l'intérieur des véhicules. Une information qui souligne un peu plus la prudence des pays européens face à l'arrivée massive de véhicules chinois sur le continent.
L'information devrait servir d'avertissement pour les autres pays européens. Lors d'un exercice militaire de l'armée norvégienne, la garde nationale s'est aperçue que ses véhicules de location les espionnaient.
Du 14 au 18 septembre dernier, le pays du Nord de l'Europe organisait des exercices grandeur nature autour de l'aéroport d'Olso. Mais face au manque de véhicules militaires disponibles, l'institution a alors loué des véhicules pour permettre aux hommes de se déplacer. Parmi les engins distribués : au moins deux étaient des voitures de la marque Deepal, une marque du constructeur chinois Changan.
Et lors des exercices, plusieurs soldats mobilisés se sont rendu compte que ces voitures stockaient plusieurs informations sensibles, via ses caméras extérieures mais aussi via ses micros présents à l'intérieur de l'habitacle.
Des alertes dès 2025
Selon le journal norvégien Dagens Naeringsliv, des vidéos de lieux où se déroulaient les exercices, ainsi que les va-et-vient des personnes présentes à bord ont été stockés dans la base de données des véhicules. Des enregistrements sonores contenaient également des codes utilisés pour ouvrir des portails de sites et d'installations militaires.
Les soldats ont réussi à effacer les enregistrements, sans savoir néanmoins si ces données ont eu le temps d'être transférées vers un pays tiers. Et si le sujet est sensible, il n'est pas surprenant. Le manuel de la marque souligne en effet que ses voitures sont capables d'enregistrer des moments sous plusieurs angles de caméras, mais aussi transmettre des données sur le véhicule (position géographique, position du sélecteur de vitesse, etc), le tout sans fil.
Cette épisode ne fait que confirmer ce que la Norvège craignait. Déjà, l'an dernier, l'autorité nationale de sécurité du pays avait mis en garde contre un possible espionnage des voitures chinoises, via notamment leurs caméras. De son côté, la Pologne a interdit en février dernier l'accès des véhicules chinois fabriqués dans le pays du Milieu à ses bases militaires, tout comme Israël ou encore le Royaume-Uni.