Alors que la mobilisation lycéenne se poursuit en France, dans le studio d’Europe 1, des auditeurs et Gabrielle Cluzel ont dressé le constat d’une autorité en miettes à l’école et l’urgence à revenir au civisme et au respect des adultes.
Alexandre, auditeur auvergnat d’une quarantaine d’années, ne cache pas son pessimisme : “C’est des décennies de laisser-aller. Les jeunes ne respectent plus personne“, déplore-t-il alors que la mobilisation des lycéens se poursuit avec des rassemblements et des cortègesun peu partout en France ce mardi. S’étonnant que des élèves n’aient aucun problème à tutoyer les surveillants, il insiste sur la nécessité de rétablir le vouvoiement et de se lever à chaque entrée d’un adulte dans la classe.
Et alors que Charles Alloncle dénonce la "faillite du modèle éducatif français", Christophe, autre auditeur d'Europe 1, salue "des jeunes extraordinaires" dans le pays, mais souligne l’importance de “rétablir le civisme”. Et prend exemple sur une visite de Nicolas Sarkozy dans une école de Dordogne : à son entrée dans la classe, aucun élève ne s’était levé.
"La familiarité engendre le mépris"
Un constat que partage Gabrielle Cluzel, qui y voit aussi la responsabilité d’une partie des enseignants. Certains sont, selon elle, “descendus de l’estrade” et ont renoncé à incarner l’autorité, préférant le rôle de “prof copain”. Dès la maternelle, elle pointe l'importance d'inculquer aux enfants à dire “maîtresse” ou “madame” plutôt que le prénom, pour maintenir une distance avec l’adulte.
“C’est un détricotage général de l’autorité dans notre pays, et ça va être long à retricoter”, conclut-elle.