Le président américain Donald Trump s'en est pris vertement samedi à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, affirmant qu'il était temps pour l'Ukraine d'"avoir un nouveau président" et condamnant les frappes ukrainiennes sur des infrastructures d'hydrocarbures russes.
Donald Trump s'en est pris vertement samedi à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, affirmant qu'il était "temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président" en raison de son incapacité selon lui à mettre fin à la guerre avec la Russie.
"Je leur suggère de se doter d'un nouveau dirigeant qui peut parvenir à un accord", a affirmé le président américain devant la presse à la Maison Blanche, condamnant les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, qui ne font qu'aggraver - dit-il - "le problème mondial" de pénurie de diesel. "Il a intérêt à arrêter", a mis en garde Donald Trump à l'adresse du président ukrainien, au lendemain de l'annonce d'un accord controversé entre Moscou et Washington pour l'achat massif de diesel russe.
Volodymyr Zelensky avait dénoncé l'accord sur le diesel russe
Les prix du carburant aux États-Unis ont bondi depuis le déclenchement par Donald Trump et Israël de la guerre contre l'Iran, et l'accord est vu comme un moyen de soulager en partie les consommateurs américains à moins d'un mois d'élections de mi-mandat cruciales pour la suite du mandat du milliardaire américain.
Avant les déclarations incendiaires du président américain, Volodymyr Zelensky avait dénoncé cet accord comme une "décision faible" de la part des États-Unis et une opportunité lucrative pour la Russie de renflouer sa trésorerie et financer sa guerre.
Le président ukrainien s'est également lamenté face à des frappes russes sur Zaporijjia, dans le sud-est de l'Ukraine, qui ont fait au moins 20 morts samedi. "La Russie a exprimé ses remerciements pour la levée des sanctions sur les exportations de diesel en lâchant cinq bombes sur des immeubles résidentiels à Zaporijjia", a-t-il déclaré.
Incertitude sur la poursuite des discussions
Selon Washington et Moscou, la Russie doit livrer 300.000 tonnes de diesel dès le mois d'octobre aux États-Unis et sur le marché mondial et accroître ensuite ces livraisons jusqu'à 1 million de tonnes en décembre. L'annonce de l'accord a jeté l'incertitude sur la poursuite un temps prévue samedi des discussions entamées la veille entre négociateurs ukrainiens et américains en Floride, pour tenter de relancer la diplomatie toujours dans l'impasse après plus de quatre ans d'invasion russe de l'Ukraine.
Le Kremlin a affirmé samedi que le président russe Vladimir Poutine avait "accueilli avec compréhension" des propositions américaines "de mesures visant à la désescalade" en Ukraine lors de l'appel téléphonique avec son homologue américain qui a débouché sur l'accord d'exportation de diesel, sans plus de détails.
La Russie a intensifié ses frappes contre le territoire ukrainien ces derniers mois, faisant un nombre croissant de victimes civiles. À Zaporijjia, ville située à seulement quelques dizaines de kilomètres de la ligne de front, Daniil Pichkin, un volontaire, est arrivé tôt pour aider les victimes des frappes survenues à l'aube. Deux personnes ont pu être secourues dans les gravats, "malheureusement, une petite fille est morte", a-t-il témoigné auprès de l'AFP.
"Écran de fumée"
Des explosions ont aussi retenti samedi à Kiev où les frappes russes ont causé des coupures de courant massives et une suspension temporaire du fonctionnement du métro, avant-goût de ce qui attend les habitants de Kiev cet hiver. Six personnes ont été blessées dans ces frappes en pleine journée, dont cinq hospitalisées, a indiqué le maire de la capitale Vitali Klitschko.
What allowing Russia to sell oil products means was heard most clearly in Kyiv just now, when, after repeated attacks on energy facilities with jet-powered “shaheds,” Russia launched a ballistic missile attack as well. Some of the missiles were intercepted. This once again clearly demonstrates Russia’s true intentions. They count on prolonging the war, terrorizing ordinary people, and destroying infrastructure. Every additional billion dollars they can earn from exports will be spent on nothing but sourcing and importing critical components and equipment to manufacture weapons, upgrading “shaheds,” producing missiles, and recruiting even more mercenaries to fight at the front. Russia’s choice is war. And they will be ready to end it only when they feel that their ability to drag the war out is diminishing. Unfortunately, the signals Russia received yesterday were entirely different – signals suggesting that it could simply keep attacking. And this needs to be corrected. Strong signals are needed from the United States, Europe, and other partners – signals in support of Ukraine and to RESTRICT Russia’s ability to wage war and terrorize people. Thank you to everyone who stands with Ukraine!
— Volodymyr Zelenskyy / Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa) October 10, 2026
"Ce que signifie le fait de permettre à la Russie de vendre des produits pétroliers vient de se faire entendre très clairement à Kiev", a dénoncé le président ukrainien sur X. Il a dit avoir discuté "des difficultés posées par l'allègement des sanctions sur les produits pétroliers" russes par téléphone avec son homologue français Emmanuel Macron. L'Élysée n'a pas immédiatement réagi à l'annonce de l'accord entre Washington et Moscou.
Allié militaire majeur de Kiev, Berlin s'est limité à "prendre acte" de la décision américaine, mais a réaffirmé son soutien à Kiev et a dit travailler "conjointement avec ses partenaires européens, à de nouvelles sanctions".
Vendredi, l'émissaire du président Trump, Steve Witkoff, a qualifié de "constructives" les discussions à Miami avec les négociateurs ukrainiens, en présence de conseillers à la sécurité nationale de plusieurs pays européens, de la Commission européenne et de l'Otan. Mais le président ukrainien a dénoncé "un écran de fumée" après l'annonce de l'accord sur le diesel.