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Grand Prix de Singapour : la dernière chance de Russell pour recoller à Antonelli

[Eric Alonso / DPPI via AFP]

C’est dans la moiteur étouffante de Singapour que George Russell joue ce week-end son va-tout face à son coéquipier Kimi Antonelli, solide leader du championnat. Entre pénalités moteur, menace de Red Bull et conditions physiques extrêmes, ce Grand Prix nocturne s'annonce comme le plus sélectif de la saison pour le paddock.

Le pilote britannique George Russell jouera dans les rues de Singapour ce week-end sa dernière chance, infime, de recoller à son coéquipier italien chez Mercedes, Kimi Antonelli, lors d'un Grand Prix considéré comme "le plus dur de l'année", en ville et de nuit, dans une chaleur suffoquante.

Un duel chez Mercedes sous la menace de Ferrari et Red Bull

Loin derrière les presque intouchables monoplaces allemandes, les Ferrari du septuple champion du monde britannique Lewis Hamilton (3e au classement des pilotes) et du Monégasque Charles Leclerc (4e) ont, au Championnat des constructeurs, 151 points de retard. A sept Grands Prix de la fin de saison, si les deux derniers au Qatar et à Abou Dhabi ont bien lieu en fonction de la situation géopolitique dans le Golfe.

Une semaine après sa première victoire de la saison en Malaisie, qui accueillait le GP de Bahreïn, le Néerlandais Max Verstappen sera attendu pour confirmation, au volant d'une Red Bull revitalisée.

Devant la presse jeudi à Singapour, dont les artères du quartier d'affaires huppé de Marina Bay, en bord de mer, sont bouclées pour en faire un circuit automobile, ni Antonelli, ni Russell ne se sont risqués au moindre pronostic.

Le Britannique de 28 ans, vainqueur en Azerbaïdjan il y a deux semaines devant les Red Bull de Verstappen et du Français Isack Hadjar, mais qui a abandonné en Malaisie, avait même l'air abattu.

Son rival italien de 20 ans a 84 points d'avance au classement provisoire des pilotes.

Ce prodige du sport auto a parlé d'un week-end "rempli de défis", notamment le fait qu'à part l'unique séance d'essais vendredi, les qualifications, la petite course sprint samedi et la principale dimanche (62 tours de 4,927 km chacun) se disputeront en fin de journée et le soir à la nuit tombée dans ce pays près de l'Equateur.

Kimi Antonelli aux portes d'un titre historique

C'est "une piste où il est difficile de doubler" avec peu de lignes droites et des virages bordés de murs de sécurité, a dit Antonelli, aussi à l'aise derrière son volant que devant les médias et qui pourrait être le premier champion du monde italien depuis les années 1950 et les deux titres consécutifs d'Alberto Ascari en 1952 et 1953.

Comble de malchance pour Russell, il partira sur la grille de départ dimanche avec au moins dix places de pénalité en raison d'un changement de moteur.

Il a en effet subi une casse mécanique dans les derniers tours en Malaisie et Mercedes avait prévu d'attendre la fin de saison pour atteindre son quota de changements de pièces du propulseur électrique et thermique.

En avançant cette modification, le règlement impose que l'écurie écope d'une pénalité.

"Cela fait malheureusement partie du sport" automobile, a déploré le directeur de Mercedes F1, l'un des barons du paddock, Toto Wolff, richissime homme d'affaires autrichien, mentor d'Antonelli.

Une préparation physique extrême face à l'enfer de Marina Bay

Pour encourager George Russell, Toto Wolff lui a promis "la meilleure voiture possible et l'occasion de contre-attaquer" sur le circuit urbain de Singapour, une Île-Etat au sud de la Malaisie et l'un des pays les plus prospères de la planète.

C'est aussi l'une des villes les plus chaudes et humides du monde, également polluée par une brume provoquée par les feux de forêt en Indonésie voisine.

Pour Pierre Gasly, pilote français d'Alpine, le GP de Singapour est de loin l'épreuve physique "la plus dure de l'année".

"On sent vraiment cette humidité (...) et j'essaie de passer plus de temps dehors pour habituer mon corps à gérer tout ce qui est hydratation", a-t-il expliqué à trois médias français, dont l'AFP.

Son compatriote Esteban Ocon, congédié en fin de saison par l'écurie américaine Haas - épaulée par Toyota et motorisée par Ferrari - et qui n'a pas de volant pour 2027, s'est dit aussi "peu pressé de courir sous la chaleur", par plus de 30°C et 80-90% de taux d'humidité.

"Ca va être dur", a-t-il reconnu.

La plupart des pilotes refusent pourtant de porter une veste réfrigérée, pas au point selon eux, Max Verstappen trouvant même l'innovation "stupide".