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«Ce n'est pas assez concret» : les lycéens déçus après la prise de parole de Sébastien Lecornu

[Benjamin Beraud / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Carburant au plus haut, mobilisation lycéenne... Face à la situation, le Premier ministre Sébastien Lecornu a joué l'apaisement ce mercredi soir lors d'une prise de parole d'une dizaine de minutes. Le chef du gouvernement a notamment assuré que le budget de l'Éducation nationale augmentera l'an prochain. Insuffisant pour les lycéens qui se disent déçus après le discours du locataire de Matignon. 

Sébastien Lecornu a donc jouer la carte de l'apaisement. Ce mercredi, le Premier ministre a pris la parole une dizaine de minutes devant la nation pour présenter ses pistes afin de calmer la colère qui gronde en France. "Nul ne peut être indifférent aux angoisses des jeunes", a-t-il déclaré, sans toutefois apporter de réponse concrète pour l'instant, hormis une hausse du budget de l'Éducation nationale déjà actée avant la crise.

Pour le reste, il faudra donc attendre la fin du mois d'octobre, au risque de décevoir les lycéens, qui poursuivent leur mouvement. Anne participe à chaque blocus et manifestation depuis plusieurs jours. Ce mercredi, les annonces du Premier ministre n'ont pas répondu à ces revendications, pas même les 1,2 milliard d'euros supplémentaires annoncés pour l'école en 2027. 

"Cette prise de parole, pour moi, c'est un placebo. Ce n'est pas assez concret. Il parle du budget de l'Éducation nationale en disant qu'il ne fait qu'augmenter, mais ce n'est pas parce que son budget augmente que les lycéens en profite", note-t-elle au micro d'Europe 1.

"Le gouvernement rentre enfin dans le débat"

Pour d'autres comme Yanis, lycéen en banlieue parisienne, cette prise de parole est un premier pas vers le dialogue. "Le gouvernement rentre enfin dans le débat. Je suis tout à fait prêt à reprendre les cours mais s'il y a une nécessité de se remobiliser, je serai là sur les blocus", assure-t-il. 

Adam, lycéen à Lyon, salue lui aussi l'effort du gouvernement mais n'est pas convaincu par la plateforme mise en place pour récolter les doléances des élèves. "Les consultations publiques, c'est rarement totalement écouté. En plus, on nous dit qu'on revient vers nous dans un mois. Ils espèrent que le mouvement soit étouffé avec les vacances de la Toussaint. Sauf que nous, on affirme notre position, ça ne sera pas étouffé", insiste le jeune homme. 

Le jeune lyonnais attendait plus qu'une simple allocution du Premier ministre. "J'aurais aimé qu'il aille sur les blocus lui-même, qu'il reçoive des lycéens de toute la France, pas des représentants, des vrais lycéens". Tant que ses revendications ne seront pas satisfaites, Adam se dit prêt à continuer de manifester.