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Actuellement à l'antenne

Blocus des lycées : entre nécessité et proportionnalité, un maintien de l’ordre délicat

Après le drame survenu à Lens, ce lundi, où un adolescent a perdu sa main à cause d'une grenade de désencerclement, les policiers seront sous pression pour cette nouvelle journée de manifestation lycéenne. Les agents doivent faire face à une injonction qui peut paraître contradictoire : être fermes contre les casseurs, tout en évitant de toucher aux jeunes innocents.

C'est une nouvelle journée délicate qui s'annonce pour les forces de l'ordre. Ce lundi 5 janvier, un jeune garçon de 15 ans a vu sa main arrachée, à Lens (Pas-de-Calais), par une grenade de désencerclement. Un cas "humainement dramatique" pour le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray, et qui questionne à nouveau les moyens de force intermédiaire utilisés par les policiers.

Les instructions de Laurent Nuñez exigent ainsi un "juste équilibre entre proportionnalité des interventions et nécessaire maintien de l’ordre". Une consigne "facile à écrire, beaucoup moins à exécuter", peste un policier.

Des consignes floues et jugées hypocrites par les policiers

Un autre abonde aussi dans ce sens : "les instructions de Beauvau, c'est 'soyez fermes, mais pas trop'. En clair, on doit stopper les dégradations, mais on ne sait pas comment."

La présence d'un grand nombre de mineurs dans les rassemblements complique aussi la tâche.

Toutes les caméras vont être braquées sur la manifestation parisienne. Au premier blessé, l’action policière risque d’être décriée. "Nous savons qu’il y a des enfants dans les cortèges, nous sommes forcément dans la retenue", assure un cadre policier qui dénonce une forme d'hypocrisie au sommet de l'État.

Avant de conclure, défaitiste : "si un drame survient, le policier prend le risque d’être lâché par le politique et la justice face à la pression de l’opinion publique."