Face à l'envolée des prix des carburants, certains automobilistes cherchent des méthodes pour faire des économies à la pompe, parfois artisanales. Certains remplissent leur réservoir avec de l'huile alimentaire. Une solution toutefois risquée pour les moteurs.
Comment faire des économies à la pompe ? C'est une question que les Français se posent depuis l'envolée des prix des carburants. Certains se tournent vers des méthodes artisanales. C'est le cas de Vivien.
"800 euros d'économie sur l'année"
Derrière son véhicule, ce n'est pas une odeur de gazole qui s'échappe mais de friture. Pour échapper aux tarifs des stations-service, cet automobiliste récupère l'huile usagée auprès de restaurateurs locaux. Une fois le liquide filtré, il le verse directement dans son réservoir.
En temps de crise, le calcul financier semble vite fait : "On peut estimer que j'ai pu faire comme économie au prix actuel du carburant, 800 euros d'économie sur l'année. Quand on n'a pas beaucoup d'argent, c'est une belle somme", témoigne Vivien.
D'autres conducteurs préfèrent s'approvisionner directement en supermarché avec de l'huile de colza, vendue autour d'1,50 euro le litre, contre plus de 2,40 euros en moyenne pour le gazole.
Un risque mécanique majeur et une pratique illégale
Si cette alternative permet de faire de bonnes économies, les conséquences sous le capot peuvent s'avérer dévastatrices. L'utilisation de ces huiles végétales menace directement la mécanique des véhicules modernes.
Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes, met en garde contre les dégâts irréversibles : "Quand on met une huile de ce type-là, on va encrasser le système d'injection. Cet encrassement va se traduire par des pannes qui risquent de coûter extrêmement cher aux automobilistes. La facture, ce sera 4 chiffres. Mais assurément, ça ne compensera malheureusement pas, du mauvais côté, toutes les économies qu'on aurait pu effectuer."
Au-delà de la casse moteur, le rappel à la loi est tout aussi brutal : l'utilisation d'huile alimentaire comme carburant demeure strictement interdite sur la voie publique en France. Les contrevenants s'exposent à une amende forfaitaire d'au moins 135 euros, pouvant aller jusqu'à des poursuites pour fraude fiscale et à la saisie pure et simple du véhicule.