Alors que le gouvernement doit dévoiler de nouvelles aides aux carburants ce mardi à 17 heures, les pêcheurs attendent des réponses concrètes face à la flambée du prix du gasoil. En Normandie, Cyril Pierrot, pêcheur depuis plusieurs années, dit ne plus pouvoir faire tourner son bateau à perte.
Les pêcheurs sous l'eau. Dans quelques heures, le gouvernement doit dévoiler de nouvelles mesures pour faire face à la hausse des prix des carburants. Une conférence de presse est prévue ce mardi à 17 heures à Bercy, en présence notamment de Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche.
Une question sera particulièrement suivie : le dispositif destiné aux grands rouleurs sera-t-il reconduit au-delà du 30 septembre ? De nouvelles aides ou de nouveaux chèques pourraient également être annoncés.
Ces annonces sont très attendues par les pêcheurs, toujours confrontés à l'envolée du prix du carburant. Les engagements pris ces derniers jours par Catherine Chabaud ont permis la levée des blocages, mais les négociations se poursuivent. La profession réclame notamment un blocage du prix du gasoil.
Pêcher au chalut aujourd'hui, c'est perdre de l'argent
En Normandie, Cyril Pierrot mesure chaque jour le poids de cette hausse. Avec son chalutier de 16 mètres, il consomme environ 80 litres de carburant par heure de navigation. Le litre de gasoil lui coûte désormais 1,20 euro, soit deux fois plus cher que l'an dernier.
"En fait, la pêche reste la même, mais le gasoil est prélevé directement sur le chiffre d'affaires brut. Si tu as fait 1.000 euros de vente, mais que tu as chiqué 500 litres de gasoil, ça fait 600 euros. Il ne reste plus que 400 euros à partager. Et des fois, tu peux avoir plus de gasoil que de vente de poissons ou de coquilles", a-t-il déploré.
Pour les huit matelots qui travaillent avec lui, cette situation s'est directement ressentie sur les salaires. Cyril Pierrot, lui, ne se verse plus d'argent depuis trois mois. Son bateau est aujourd'hui à quai.
"Je voulais essayer de partir au chalut, mais je me dis : si j'y vais pour perdre de l'argent, on ne pourra pas. Et puis après, on viendra pleurer qu'il n'y a plus de pêcheurs, qu'on bouffe des trucs importés de je ne sais où. J'en ai marre", a-t-il alerté.
Pour le pêcheur normand, la saison de la coquille Saint-Jacques, qui doit débuter en octobre, représente désormais un dernier espoir de sortir la tête de l'eau. Mais sans baisse durable du prix du carburant, l'avenir reste incertain.
À quelques heures des nouvelles annonces gouvernementales, les professionnels espèrent donc des mesures concrètes pour pouvoir continuer leur activité. Pour Cyril Pierrot, la situation est devenue si difficile qu'il n'exclut plus de mettre la clé sous la porte.