Sept mois après le début de la guerre et malgré la puissance de feu américaine, l'Iran tient bon sur le plan militaire et sur le plan économique, car le régime des mollahs s'était préparé à une guerre d'usure.
Face à Washington, Téhéran fait le pari d'une guerre d'usure et a même porté un nouveau grand coup à l'économie mondiale en paralysant le détroit de Bab-el-Mandeb.
Après sept mois de guerre, le régime s'est adapté, utilisant massivement des drones et des missiles de moyenne portée. Une force de frappe suffisante pour perturber Ormuz. L'Iran a aussi repris la fabrication de missiles dans ses sites souterrains protégés des bombardements américains.
Des sanctions inefficaces
S'il est difficile d'estimer avec précision l'état de l'arsenal militaire iranien, celui-ci reste conséquent, parce que Téhéran a longuement anticipé la guerre, explique Thierry Coville, chercheur à l'IRIS : "L'Iran se prépare à cette guerre depuis des années. Il y a des réserves de munitions, elles peuvent tenir encore des mois".
Malgré les sanctions américaines, le régime maintient partiellement son commerce avec certains de ses voisins et avec ses alliés russes et chinois. Les Gardiens de la révolution ont aussi fait main basse sur de vastes pans de l'économie iranienne. "Ils contrôleraient entre 10 et 20% de l'économie iranienne, ce qui est gigantesque", commente Thierry Coville.
"Ce qui fait qu'ils ont leurs propres sources de financement. C'est encore plus difficile de les affecter par des sanctions. C'est encore le drame de ces sanctions, c'est que ça touche beaucoup plus la population iranienne et beaucoup moins les Gardiens de la Révolution", poursuit-il.
Loin des promesses d'une victoire imminente, la Maison-Blanche admet en coulisses que la guerre pourrait bien se prolonger jusqu'en 2029, date de fin de mandat pour Donald Trump.