Au lendemain de la condamnation d'un animateur scolaire pour des agressions commises sur plusieurs fillettes, Sonia, mère d'une victime de ce même animateur, affirme sur Europe 1 que certains membres du personnel avaient déjà des doutes sur son comportement avant son signalement. Un témoignage qui soulève la question de la circulation des alertes au sein des structures périscolaires.
Les scandales sexuelles dans le périscolaire à Paris n'ont pas épargné la famille de Sonia. Lorsque sa fille de 6 ans lui révèle les faits le 12 janvier 2024, Sonia explique avoir immédiatement confronté l'animateur, condamné ce mardi à cinq de prison dont un an ferme, dans l'établissement. Dans les minutes qui suivent, plusieurs membres du personnel seraient intervenus. C'est à ce moment-là, raconte-t-elle ce mercredi au micro de Dimitri Pavlenko dans Europe 1 matin, que deux animateurs lui auraient confié partager les inquiétudes exprimées par l'enfant.
"Il y en a 2 qui ont cru les dires de mon enfant et qui m'ont dit qu'ils étaient au courant depuis un moment", affirme-t-elle. Selon son récit, ces collègues lui auraient même montré une photo, tout en expliquant qu'ils ne pouvaient pas aller plus loin faute d'éléments suffisants : "Ils ne pouvaient pas signaler ça, car il leur fallait des preuves plus importantes".
"Aucun soutien de la part de l'école"
Interrogée sur la réaction de l'institution après son alerte, Sonia assure n'avoir reçu “aucun soutien de la part de l'école”. Elle explique avoir retiré sa fille de l'établissement, engagé des démarches pour la changer d'école puis déménagé avec sa famille.
Lorsque le journaliste revient sur ces animateurs qui disaient la croire et sur les soupçons qui auraient déjà existé, le témoignage met en lumière une question centrale : comment des inquiétudes ont-elles pu circuler sans déboucher sur un signalement permettant d'écarter plus tôt l'animateur aujourd'hui condamné ? Sonia, elle, reste marquée par ce sentiment d'isolement et affirme s'être battue seule avec son conjoint pour protéger leur enfant.