Porté par la hausse des arrivées internationales, le tourisme français affiche un bilan estival "solide" malgré un contexte économique difficile. Si les visiteurs étrangers ont soutenu les recettes, les Français ont davantage dû arbitrer leurs dépenses et leurs départs ont reculé au cœur de l’été.
Si la clientèle internationale a soutenu l’activité touristique en France cet été, les vacanciers français ont dû arbitrer leurs dépenses, avec même des départs en repli au cœur de l'été, a indiqué le ministère du Tourisme mardi.
Après une chute des réservations et une période d'attentisme liées à la guerre au Moyen-Orient déclenchée fin février, le bilan apparaît "solide" à ce stade, malgré un contexte économique difficile, a fait valoir Serge Papin au salon des professionnels du tourisme IFTM, qui a ouvert ses portes mardi à Paris.
49,5 milliards d'euros de recette pour le tourisme international
"Les arrivées aériennes internationales progressent encore cet été, notamment grâce à la clientèle long-courriers", a précisé devant la presse le ministre chargé du Tourisme. Les arrivées de visiteurs mexicains ont par exemple progressé de 14% en juillet sur un an et celles de visiteurs américains de 3%. Les données pour tout l'été ne sont pas encore publiées.
De janvier à fin juillet, les recettes du tourisme international ont atteint 49,5 milliards d'euros, en hausse de 3,7% sur le seul mois de juillet par rapport à 2025.
Dans ces conditions, "on peut raisonnablement anticiper que le tourisme international va générer cette année plus de 80 milliards d'euros de recettes", a souligné Christian Mantei, président de l'agence gouvernementale Atout France, lors de la conférence. L'an dernier, il avait engendré 77,5 milliards d'euros de recettes.
Un bilan contrasté pour les touristes français
Le tableau est plus contrasté pour la clientèle française. Selon le ministère, en juillet et août, le taux de départ des résidents français sur le territoire a reculé de cinq points sur un an, à 59%. Il demeure toutefois stable en comprenant juin et septembre, à 72%, précise le ministère.
"Les Français ont dû davantage faire d'arbitrages dans leurs dépenses, notamment en ce qui concerne la restauration, les activités, les achats de souvenirs", a reconnu le ministre. D'après une étude publiée mardi par ADN Tourisme, qui fédère les offices du tourisme, 62% des vacanciers ont ressenti le besoin de se restreindre sur place.
Le tourisme reste toutefois "un besoin essentiel" des Français, qui de plus en plus partent en dehors des pics saisonniers, a assuré Serge Papin.
Réseau Action Climat a publié récemment une étude appelant le gouvernement à privilégier les touristes français et européens. "La montée en gamme de l'offre touristique, pensée d'abord pour les touristes internationaux, se fait au détriment des touristes français les moins fortunés", a-t-il réagi dans un communiqué mardi.