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La Sainte Tunique bientôt présentée au Pape : un ébéniste parisien a fabriqué un reliquaire sur mesure

Gabriel Hostachy s'apprête à livrer l'œuvre de sa vie. [© Nicholas Orchard / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

À quelques jours de la venue du Pape à Saint-Denis, l'ébéniste Gabriel Hostachy achève un reliquaire vitré de quatre mètres destiné à présenter la Sainte Tunique au Stade de France. Un travail de quinze heures par jour, mêlant exigence esthétique et sécurité maximale.

Dans moins de deux semaines, Léon XIV arrivera à Paris. C'est la dernière ligne droite dans les préparatifs de sa venue en France. Lors de son séjour, le Pape ira retrouver les jeunes à Saint-Denis. 

Ce sera l'occasion, au cours de cette soirée prévue au stade de France, de lui présenter la Sainte Tunique, conservée depuis 1 200 ans à Argenteuil. Ce vêtement, qu'aurait porté le Christ lors de sa passion, sera exposé à l'intérieur d'un reliquaire spécialement conçu pour l'événement.

Dans son petit atelier du 19ᵉ arrondissement de Paris, Gabriel Hostachy s'apprête à livrer l'œuvre de sa vie. Cet ébéniste de 39 ans, chrétien pratiquant, a été sollicité début août par l'Église pour réaliser le reliquaire de la Sainte Tunique destiné au Stade de France, le reliquaire actuel étant jugé trop fragile pour être transporté d'Argenteuil à Saint-Denis.

Un de ses croquis a retenu l'attention du clergé, se souvient l'artisan : "Je connais mon métier, mais ce n'est pas le problème. J'ai essayé de proposer quelque chose qui soit à la hauteur de la Sainte Tunique".

Quinze heures de travail par jour

Un œil rivé sur son croquis, l'autre sur sa machine, Gabriel ponce le bois à l'aide de ses nombreux outils. Il y consacre près de quinze heures de travail par jour, pour fabriquer un reliquaire vitré en chêne et en tilleul, haut de quatre mètres et pesant 400 kilos.

Mais l'objectif n'est pas de mettre en avant son savoir-faire, insiste l'ébéniste : "Le but, ce n'est pas de montrer mon travail, mais de voir la Sainte Tunique. On a choisi de faire un reliquaire plus haut. À Argenteuil, il est très resserré sur la tunique ; là, il sera très aéré, et l'objectif, c'est de voir la Sainte Tunique. Si les gens apprécient le reliquaire, tant mieux, mais ce n'est pas le principal".

Une sécurité à toute épreuve

Le vêtement qu'aurait porté le Christ pendant sa passion est d'une valeur inestimable. Le reliquaire doit donc résister à la pluie et décourager toute tentative de vol. "Il y a des verres anti-effractions et plusieurs serrures", précise Gabriel Hostachy.

À quelques jours de la livraison, l'ébéniste espère être à la hauteur des attentes. Il confie d'ailleurs compter sur un coup de main particulier : celui de saint Joseph, le patron des menuisiers et des ébénistes.