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«Nous devons nous rencontrer» : Volodymyr Zelensky se dit prêt à voir Vladimir Poutine à Miami

M. Zelensky a estimé que l'Ukraine était "désormais en bonne position pour négocier". [© ANDREW CABALLERO-REYNOLDS, Mandel NGAN / AFP]

Volodymyr Zelensky s'est dit prêt à rencontrer Vladimir Poutine lors du G20 à Miami en décembre, alors que Washington tente de relancer la diplomatie entre Kiev et Moscou. Le Kremlin n'a pris aucune décision sur la venue du président russe, réitérant sa demande que Zelensky se rende plutôt à Moscou.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est dit prêt à rencontrer le président russe Vladimir Poutine lors du sommet du G20 à Miami en décembre, le Kremlin répondant samedi qu'aucune décision n'avait encore été prise sur la venue du président russe à cette réunion.

Washington a récemment tenté de relancer des efforts diplomatiques longtemps au point mort pour mettre fin à la guerre entre la Russie et l'Ukraine, avec la visite des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner à Moscou et à Kiev le week-end dernier.

Washington relance ses efforts diplomatiques

Les Etats-Unis assurent cette année la présidence du G20. Début septembre, le ministre russe des Finances Anton Silouanov a été accueilli à une réunion du G20 en Caroline du Nord, provoquant un "malaise" parmi les alliés européens de l'Ukraine. Et la diplomatie russe a déclaré samedi que Moscou enverrait certains responsables à une réunion du G20 consacrée à l'énergie à Houston la semaine prochaine.

Interrogé par la chaîne allemande Deutsche Welle sur le fait de savoir s'il rencontrerait Vladimir Poutine lors du G20 si les deux dirigeants étaient invités, le président ukrainien a répondu : "Oui, bien sûr. Nous devons venir. Nous devons nous rencontrer, parler et prendre des décisions".

"Ce ne sont pas les mots qui comptent. Ce que je vais lui dire ou ce qu'il veut me dire, ça n'a pas d'importance. (...) Seul le résultat compte", a-t-il ajouté dans l'interview au média allemand, qui a eu lieu vendredi.

Le Kremlin reste évasif

Le Kremlin a répondu n'avoir pour l'instant pris aucune décision sur une possible participation de Vladimir Poutine au G20.

"Nous ne savons pas encore si nous irons à Miami ou non", a déclaré à l'agence d'Etat Tass le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Plus tôt, le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, avait dit au média Izvestia que la question "n'a pas été discutée".

M. Peskov a par ailleurs réitéré la demande de M. Poutine selon laquelle M. Zelensky devrait, lui, venir en Russie. "S'il souhaite vraiment rencontrer Poutine, ce dernier a déjà déclaré qu'il pouvait prendre l'avion pour Moscou", a déclaré Dmitri Peskov.

Commentant la récente visite des émissaires américains, M. Zelensky a déclaré dans l'interview qu'elle constituait un "bon signal", et qu'il était important que le duo se soit rendu à Kiev ainsi qu'à Moscou. "C'est une marque de respect envers notre peuple", a-t-il relevé.

Le président ukrainien a également annoncé son projet de rencontrer Donald Trump fin septembre, tandis que Washington fait pression pour la tenue de nouveaux pourparlers entre Kiev et Moscou.

Kiev "en bonne position pour négocier"

M. Zelensky a estimé que l'Ukraine était "désormais en bonne position pour négocier" car elle est "bien plus forte sur le champ de bataille qu'elle ne l'était l'année dernière".

Le président ukrainien a dit en début de semaine tabler sur une reprise dès ce mois-ci des pourparlers avec Moscou et Kiev pour trouver une issue à la guerre. La Russie s'est montrée plus réservée, estimant qu'il était "trop tôt" pour parler concrètement d'une telle rencontre.

Plusieurs cycles de négociations ont échoué par le passé. La confiance entre les deux parties est faible, et rien n'indique que Moscou ou Kiev aient modifié leurs positions.

Quatre ans et demi après le début de l'invasion russe de l'Ukraine, la Russie multiplie ses frappes de missiles et de drones, visant de nombreuses infrastructures civiles, au prix d'un nombre croissant de victimes.

Kiev a également intensifié ses frappes de longue portée sur les territoires russes, visant notamment des raffineries et entrepôts logistiques.

Des frappes russes menées dans la nuit ont fait quatre morts en Ukraine, dont deux à Zaporijjia (sud) et deux dans une usine d'ArcelorMittal de Kryvyï Rig (centre), selon les autorités locales et l'entreprise.

Dans la ville portuaire d'Odessa (sud), sur la mer Noire, des frappes de missiles et de drones russes ont touché des immeubles d'habitation, détruisant des étages entiers et faisant 35 blessés, dont un bébé de cinq mois, selon le gouverneur régional, Oleg Kiper.

Au cours de l'entretien, M. Zelensky a également réitéré son appel aux alliés de l'Ukraine pour qu'ils fournissent davantage de missiles afin de repousser les attaques aériennes russes.